Les Rayons et les Ombres - Xavier Giannoli (2026)
- NaughtyDog
- Messages : 4303
- Enregistré le : lun. 26 oct. 2020 12:34
- Localisation : Paris
Ai eu la chance de déjà voir le film
Pour moi x'est le meilleur Xavier Giannoli !
Une fresque de 3h15 au bidget confortable de 30 millions d'euros, prenant l'encers du décor de l'Armée des Ombres pour conter une amitié (et une relation filiale) pervertie par l'Occupation nazie
Dujardin et August Diehl sont très bons, et la nouvelle (la fille de Carax) s'en sort aussi avec les honneurs pour camper cette starlette à qui tout réussissait, mais dont la vie va s'écrouler à cause des agissements de son père
La reconstitution d'époque est super, et même si la structure rise & fall (que Illusions Perdues embrassait aussi) s'avère connue, l'écriturr parvient avec brio à retranscrire les coulisses d'un gouvernement insidieusement parasité par la presse collaborationniste.
Bref un très bon film qui fait plaisir dans le paysage cinématographique français !
4/5
Qu'il a tourné coup sur coup avec Cédric Jimenez, dont la vision droitière est régulièrement critiquée, dans une adaptation de Sylvain Tesson, écrivain réactionnaire, et qu'il s'attaque désormais à Jean Luchaire, martyr de la collaboration. Ça fait beaucoup là non ?
Ajoute à ça le fait qu'il habite dans le même domaine privé que Le Pen et tu comprendras mieux mes suspicions.
Ah, ça explique sa sortie de route (dog whistle pour l’extrême droite) sur TF1 lors de la promo de L'homme qui rétrécit !
"On peut manger tous les champignons !
Tous les champignons sont comestibles, certains ne le sont qu'une fois, c'est tout !"
Tous les champignons sont comestibles, certains ne le sont qu'une fois, c'est tout !"
Je t'avoue que je me soucie peu des opinions politiques des acteurs (ni des vedettes en général d'ailleurs). Si je devais être d'accord avec tout ceux que je regarde, je n'en regarderais plus des masses !
Si ce n'est qu'il est parfois cocasse de voir le fossé entre les opinions politiques d'un acteur, et celles véhiculées par les films/personnages qu'il interprète. On évoquait d'ailleurs récemment Robert Duvall ou Kurt Russel sur le topic des décès de personnalités.
Si Dujardin est effectivement très à droite, grand bien lui fasse, il va rejoindre la clique des comiques de droite (comme Louis de Funès et Christian Clavier, pour ne citer qu'eux !).
Je sais qu'il y a eu beaucoup de débats sur Novembre.
Sur les chemins noirs, je ne me rappelle pas que le film touchait à la politique ?
Et d’après son Wiki il est parrain officiel de la BRI.Tulio a écrit : ↑ven. 20 févr. 2026 22:12Qu'il a tourné coup sur coup avec Cédric Jimenez, dont la vision droitière est régulièrement critiquée, dans une adaptation de Sylvain Tesson, écrivain réactionnaire, et qu'il s'attaque désormais à Jean Luchaire, martyr de la collaboration. Ça fait beaucoup là non ?
Ajoute à ça le fait qu'il habite dans le même domaine privé que Le Pen et tu comprendras mieux mes suspicions.![]()
Et je pense que sa participation aux 3 OSS 117, si elle se voulait parodique de la part de ses 2 metteurs en scène (quoique Hazanavicius / Bedos je les trouve aussi très suspects), chez Dujardin ça traduisait aussi un véritable arrière-fond idéologique.
Quel(le) Le Pen ?Tulio a écrit : ↑ven. 20 févr. 2026 22:12Qu'il a tourné coup sur coup avec Cédric Jimenez, dont la vision droitière est régulièrement critiquée, dans une adaptation de Sylvain Tesson, écrivain réactionnaire, et qu'il s'attaque désormais à Jean Luchaire, martyr de la collaboration. Ça fait beaucoup là non ?
Ajoute à ça le fait qu'il habite dans le même domaine privé que Le Pen et tu comprendras mieux mes suspicions.![]()
Idem mais je me devais de partager cette théorie concernant Dujardin, car ça fait un moment qu'elle me trotte dans la tête !
Jean-Marie, même si j'imagine que Marine a hérité du domaine.
- PierrotDameron
- Messages : 4716
- Enregistré le : lun. 31 août 2020 12:26
- Contact :
En couverture de Première :
- Breaking the Bat
- Messages : 1866
- Enregistré le : lun. 31 août 2020 21:19
- Localisation : Caen
- Contact :
"- Tu fumes après l'amour ?
- J'en sais rien baby, j'ai jamais regardé !"
- J'en sais rien baby, j'ai jamais regardé !"
J'ai vraiment beaucoup... beaucoup de mal à voir comment on peut en arriver à dire qu'OSS 117 est un film d'extrême-droite.
Ah je dis pas que les films sont d’extrême-droite.MisterM a écrit : ↑jeu. 26 févr. 2026 23:14J'ai vraiment beaucoup... beaucoup de mal à voir comment on peut en arriver à dire qu'OSS 117 est un film d'extrême-droite.En tout cas les deux premiers, je sais pas pour le 3 mais il paraît que l'humour était systématiquement désamorcé par la peur que les blagues soient prises au premier degré... si tous les films droitardés pouvaient ressembler à ça !
![]()
Et soyons clairs : J’ADORE les 2 premiers.
Je dis juste que Dujardin ne joue pas un rôle de composition si tu vois ce que je veux dire.
Quand il fait des vannes sur des Arabes, je suis à peu près certains que même si la mise en scène dit tout le contraire, le mec y croit aussi un peu.
C’est juste une intuition mais elle est là. L’acteur, son corps, sa posture, son verbe dégagent ça déjà en dehors du film donc dedans il est comme un poisson dans l’eau.
Et Hazanavicius, avec Le Caire Nid d’Espions par exemple, n’échappe pas à une certaine vision orientaliste du pays je trouve. Alors… ce qui le sauve c’est que le film est une pastiche, mais il y a un ou deux trucs qui sont quand même pas ouf (par exemple, donner le rôle d’une Arabe à une actrice pas arabe pour jouer une pro-islamiste… bon, pour moi c’est une faute de goût).
Les deux premiers sont clairement à prendre au second degré : on ne rit pas des préjugés homophobes/misogynes/racistes, mais de l'idiot qui les formule.
Dans le troisième, Bedos oblige, c'est tout de suite plus compliqué. Notamment à cause du fait qu'OSS est littéralement du côté du méchant du film (le dictateur africain), ce qui traduit selon moi une totale incompréhension du personnage.
OSS a beau être un gros nigaud, ça reste une caricature de héros d'espionnage, donc un gentil en définitive. Il n'agit pas par méchanceté, mais par ignorance.
Je ne trouve franchement pas que ça se ressente dans OSS, pour moi il est autant un gros réac dans ce film qu'un surfeur dans Brice. En tout cas s'il croit un peu aux idées de ce personnage il se fout bien abondamment de sa gueule.
Mais je pense voir ce que tu veux dire dans ses rôles hors comédie, il a une manière un peu paternaliste de se comporter parfois (et il peut être très mauvais soit dit en passant).
Après j'ai une position assez souple à ce sujet, pour moi c'est le coeur du travail d'acteur de nous faire croire qu'il est quelqu'un d'autre, donc à mon sens s'il y parvient peu m'importe son origine (au contraire même, la performance est d'autant plus impressionnante).
D'un autre côté à l'époque les acteurs maghrébins étaient encore (plus) sous-représentés donc oui ça s'apparente à du blackface.
Mais je pense voir ce que tu veux dire dans ses rôles hors comédie, il a une manière un peu paternaliste de se comporter parfois (et il peut être très mauvais soit dit en passant).
Je dois dire que ça m'a fait croire quelques temps que Béjo était d'origine arabe.
Après j'ai une position assez souple à ce sujet, pour moi c'est le coeur du travail d'acteur de nous faire croire qu'il est quelqu'un d'autre, donc à mon sens s'il y parvient peu m'importe son origine (au contraire même, la performance est d'autant plus impressionnante).
D'un autre côté à l'époque les acteurs maghrébins étaient encore (plus) sous-représentés donc oui ça s'apparente à du blackface.
Ca dépend s'il agit vraiment par méchanceté ou si, comme dans les autres films, il ne fait qu'obéir aux ordres sans rien piger à ce qu'il se passe vraiment. Mais je ne me prononce pas, ne l'ayant pas vu (et sans doute jamais de toute façon).Tulio a écrit : ↑ven. 27 févr. 2026 12:50 Dans le troisième, Bedos oblige, c'est tout de suite plus compliqué. Notamment à cause du fait qu'OSS est littéralement du côté du méchant du film (le dictateur africain), ce qui traduit selon moi une totale incompréhension du personnage.
OSS a beau être un gros nigaud, ça reste une caricature de héros d'espionnage, donc un gentil en définitive. Il n'agit pas par méchanceté, mais par ignorance.
Le troisième film est extrêmement confus à ce sujet. Il y a tout un discours méta autour du fait qu'OSS doit désormais faire attention à ce qu'il dit car l'époque a changé à la suite de l'élection de Mitterrand (postulat déjà discutable, mais passons).
Et le personnage passe effectivement une bonne partie du film à s'excuser à la moindre bourde et/ou pour que ses propos ne soient pas mal interprétés, ce qui prouve non seulement qu'il est gentil ET capable de se remettre en question pour la bonne cause.
Chose totalement annihilée par la fin du film, dans laquelle il soutient mordicus un dictateur au nom de la Françafrique ! Au point de ne même pas broncher lorsque la OSS girl du film se fait arrêter (et probablement exécuter) par ce dernier.
- PierrotDameron
- Messages : 4716
- Enregistré le : lun. 31 août 2020 12:26
- Contact :
à une époque où j'éclusais pas mal de vannes, les pires blagues sur les arabes c'était des arabes qui me les racontaient eux-mêmesKahled a écrit : ↑ven. 27 févr. 2026 11:20Ah je dis pas que les films sont d’extrême-droite.MisterM a écrit : ↑jeu. 26 févr. 2026 23:14J'ai vraiment beaucoup... beaucoup de mal à voir comment on peut en arriver à dire qu'OSS 117 est un film d'extrême-droite.En tout cas les deux premiers, je sais pas pour le 3 mais il paraît que l'humour était systématiquement désamorcé par la peur que les blagues soient prises au premier degré... si tous les films droitardés pouvaient ressembler à ça !
![]()
Et soyons clairs : J’ADORE les 2 premiers.
Je dis juste que Dujardin ne joue pas un rôle de composition si tu vois ce que je veux dire.
Quand il fait des vannes sur des Arabes, je suis à peu près certains que même si la mise en scène dit tout le contraire, le mec y croit aussi un peu.
C’est juste une intuition mais elle est là. L’acteur, son corps, sa posture, son verbe dégagent ça déjà en dehors du film donc dedans il est comme un poisson dans l’eau.
Et Hazanavicius, avec Le Caire Nid d’Espions par exemple, n’échappe pas à une certaine vision orientaliste du pays je trouve. Alors… ce qui le sauve c’est que le film est une pastiche, mais il y a un ou deux trucs qui sont quand même pas ouf (par exemple, donner le rôle d’une Arabe à une actrice pas arabe pour jouer une pro-islamiste… bon, pour moi c’est une faute de goût).
Bérénice Béjo, je n'appelle pas ça une faute de goût
Vosg'patt de cœur
- NaughtyDog
- Messages : 4303
- Enregistré le : lun. 26 oct. 2020 12:34
- Localisation : Paris
Bejo a été choisie pour jouer une arabe car Hazanavicius disait que dans ce type de films à l'époque ça hésitait pas à prendre des acteurs caucasiens ou à l'origine ethnique ayant rien à voir pour incarner des populations typées 
Aïe...
Aurais-je dû lire l'article avant d'aller voir le film ?
Pas sûr que ça m'aurait fait changer d'avis. Ca ressemble à une tempête dans un verre d'eau, non ?
Il en est maintenant à plus de 700 000 entrées
https://www.jpbox-office.com/fichfilm.p ... 229&view=2
- ConFucKamus
- Messages : 4250
- Enregistré le : lun. 31 août 2020 12:17
J'ai échangé avec Guim sur son compte parce que je trouve insensé la critique en complaisance.robinne a écrit : ↑mar. 21 avr. 2026 11:54Aïe...
Aurais-je dû lire l'article avant d'aller voir le film ?![]()
Pas sûr que ça m'aurait fait changer d'avis. Ca ressemble à une tempête dans un verre d'eau, non ?
Il en est maintenant à plus de 700 000 entrées
https://www.jpbox-office.com/fichfilm.p ... 229&view=2
Le personnage de Luchaire est montré comme un lâche, qui se laisse cuire comme le perso de DiCaprio dans Killers of the Flower Moon
"Bloodshot est la meilleure chose qui soit arrivée au cinéma en 2020 " - ©MisterM
- PierrotDameron
- Messages : 4716
- Enregistré le : lun. 31 août 2020 12:26
- Contact :
Et tu as eu bien raison.ConFucKamus a écrit : ↑mar. 21 avr. 2026 12:16 J'ai échangé avec Guim sur son compte parce que je trouve insensé la critique en complaisance.
Je trouve cependant qu'il y a matière à critiquer les choix narratifs, à trop présenter les deux personnages comme de malheureuses victimes. Surtout Lucien. Certes, on le montre lâche, mais sa morale reste intacte et le détache du reste, comme s'il n'était pas réellement taché par la crasse générale. Dans le dernier tiers je n'ai pas cru à ce personnage, il aurait dû être nettement plus complaisant envers lui-même et dual. On est justement nettement loin du cas de Di Caprio dans Killers.
Globalement un peu déçu du manichéisme alors que c'était vraiment un sujet où les nuances de gris s'imposaient.
Même pas le millions ?
- ConFucKamus
- Messages : 4250
- Enregistré le : lun. 31 août 2020 12:17
J'ai récemment regardé un podcast sur le film avec François Begaudeau sur le film, et disons que je comprends mieux le point de vue des gens pas convaincus par le film.MisterM a écrit : ↑ven. 29 mai 2026 18:23Et tu as eu bien raison.ConFucKamus a écrit : ↑mar. 21 avr. 2026 12:16 J'ai échangé avec Guim sur son compte parce que je trouve insensé la critique en complaisance.
Je trouve cependant qu'il y a matière à critiquer les choix narratifs, à trop présenter les deux personnages comme de malheureuses victimes. Surtout Lucien. Certes, on le montre lâche, mais sa morale reste intacte et le détache du reste, comme s'il n'était pas réellement taché par la crasse générale. Dans le dernier tiers je n'ai pas cru à ce personnage, il aurait dû être nettement plus complaisant envers lui-même et dual. On est justement nettement loin du cas de Di Caprio dans Killers.
Globalement un peu déçu du manichéisme alors que c'était vraiment un sujet où les nuances de gris s'imposaient.
Néanmoins, je maintiens que le film n'essaie jamais de racheter Luchaire, juste à le montrer comme quelqu'un de faible, lâche et pathétique. Il arrive progressivement à pleinement embrasser l'antisémitisme, mais le fait que ce poison le consume lentement m'a rappelé un peu Killers of the Flower Moon.
Après oui, c'est différent pour le perso de Ernest Burkhart (DiCaprio). Puisque lui met les mains dans la crasse, mais demeure une incompréhension par rapport à ce que lui accepte sciemment ou ce qu'il se raconte par déni.
Je comparais les deux films parce qu'ils font le choix d'étirer encore et encore pour que l'obscurité recouvre tout.
"Bloodshot est la meilleure chose qui soit arrivée au cinéma en 2020 " - ©MisterM
Je suis d'accord, et ça ne contredit pas l'autre aspect qui absout quand même le personnage. Les orgies sont pleines de pourris sans conscience, sauf lui qui souffre de sa morale, s'enivre pour oublier cette faiblesse et cette lâcheté dont tu parles, comme dans un chemin de croix où il porterait aussi les crimes des autres. C'est quasi-christique en fait, et ça ne s'arrange pas avec la manière dont finit sa route : Il ne manque que la résurrection en fait.ConFucKamus a écrit : ↑ven. 29 mai 2026 21:19 Néanmoins, je maintiens que le film n'essaie jamais de racheter Luchaire, juste à le montrer comme quelqu'un de faible, lâche et pathétique. Il arrive progressivement à pleinement embrasser l'antisémitisme, mais le fait que ce poison le consume lentement m'a rappelé un peu Killers of the Flower Moon.
Dans "Killers" Burkhart n'a pas droit à l'absolution car il n'y a jamais confusion avec les vraies victimes, quasi-inexistantes chez Giannoli. Il est condamné sans équivoque par le regard de Scorcese, et pourtant le personnage reste attachant car il est réellement traité comme un humain, avec ses faiblesses mais surtout la dissonance cognitive qui lui permet de commettre ses crimes malgré son amour sincère : c'est le portrait juste d'un collabo tel qu'aurait voulu faire Les Rayons à mon avis.
Ce qui n'empêche pas que le film soit super.
