
Le Cercle des profileurs disparus
On l'appelait Robin des Bois : violence et contemplation [critique]
Hugh Jackman campe un Robin des Bois vieillissant et hanté par ses crimes dans cette réflexion sur le pouvoir des récits.
Le titre VO est beaucoup plus cash : The Death of Robin Hood. La Mort de Robin des Bois. Michael Sarnoski (Pig, Sans un bruit : Jour 1) dépeint ici un prince des voleurs qui, au soir de sa vie, entend rétablir la vérité : non, il n’était pas un joyeux brigand en collant qui détroussait les riches pour donner aux pauvres, mais un voyou sanguinaire qui racontait des craques sur son compte afin que des types crédules le suivent « dans les ténèbres ». Sean Connery avait déjà fait en 1976 le coup du Robin de Locksley grisonnant, mais sur un mode plus romantique et mélancolique, dans La Rose et la Flèche de Richard Lester – film qui faillit d’ailleurs s’intituler The Death of Robin Hood…
C’est donc Hugh Jackman qui lui succède aujourd’hui, et l’acteur (qui avait déjà superbement campé un Wolverine en bout de course dans Logan) est magnifique en brute fourbue. On est d’abord frappé par la violence du film, décomplexée, limite bourrine. Avant que le récit n’opère à mi-parcours un étonnant changement de régime, quand Robin trouve refuge au sein d’une communauté religieuse dirigée par Jodie Comer, sorte de purgatoire où il va méditer au pouvoir des mythes et des récits au fil de conversations philosophico-bucoliques. Michael Sarnoski fait preuve ici des mêmes qualités et des mêmes limites que dans son Pig avec Nicolas Cage en ermite chasseur de truffes : capacité à sublimer une star en la débarrassant de ses tics et oripeaux, envie de torpiller les promesses d’action et de castagne par un goût très prononcé (parfois trop) pour la contemplation. Entre stase intello et incartades bis, le film reste en tout cas une proposition originale, qui parle intelligemment de notre addiction collective aux histoires trop belles pour être vraies.
https://www.premiere.fr/Cinema/News-Cin ... ItODRDm7PQ
Hugh Jackman campe un Robin des Bois vieillissant et hanté par ses crimes dans cette réflexion sur le pouvoir des récits.
Le titre VO est beaucoup plus cash : The Death of Robin Hood. La Mort de Robin des Bois. Michael Sarnoski (Pig, Sans un bruit : Jour 1) dépeint ici un prince des voleurs qui, au soir de sa vie, entend rétablir la vérité : non, il n’était pas un joyeux brigand en collant qui détroussait les riches pour donner aux pauvres, mais un voyou sanguinaire qui racontait des craques sur son compte afin que des types crédules le suivent « dans les ténèbres ». Sean Connery avait déjà fait en 1976 le coup du Robin de Locksley grisonnant, mais sur un mode plus romantique et mélancolique, dans La Rose et la Flèche de Richard Lester – film qui faillit d’ailleurs s’intituler The Death of Robin Hood…
C’est donc Hugh Jackman qui lui succède aujourd’hui, et l’acteur (qui avait déjà superbement campé un Wolverine en bout de course dans Logan) est magnifique en brute fourbue. On est d’abord frappé par la violence du film, décomplexée, limite bourrine. Avant que le récit n’opère à mi-parcours un étonnant changement de régime, quand Robin trouve refuge au sein d’une communauté religieuse dirigée par Jodie Comer, sorte de purgatoire où il va méditer au pouvoir des mythes et des récits au fil de conversations philosophico-bucoliques. Michael Sarnoski fait preuve ici des mêmes qualités et des mêmes limites que dans son Pig avec Nicolas Cage en ermite chasseur de truffes : capacité à sublimer une star en la débarrassant de ses tics et oripeaux, envie de torpiller les promesses d’action et de castagne par un goût très prononcé (parfois trop) pour la contemplation. Entre stase intello et incartades bis, le film reste en tout cas une proposition originale, qui parle intelligemment de notre addiction collective aux histoires trop belles pour être vraies.
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