Cliffhanger en plein cauchemar : vers une annulation pure et simple pour le remake du film culte ?
Le distributeur Row K Entertainment, censé porter le retour de Cliffhanger, traverse une crise financière sans précédent mettant en péril tout son catalogue.
Dans l’immense masse de remakes et reboots qui saturent les écrans, on avouait un certain enthousiasme pour cette relecture de Cliffhanger. L’original de 1993 avait permis à Stallone de braquer 255 millions de dollars pour un budget de 70 millions, devenant le mètre étalon de l’action montagnarde. Cliffhanger est un classique indémodable qui devait avoir son héritier avec Lily James et Pierce Brosnan sous la direction de Jaume Collet-Serra, promis comme une nouvelle version « sauvage et brutale ».
Sauf que le projet est désormais suspendu à un filin bien fragile à cause des déboires de la boîte de prod Row K Entertainment. Moins de huit mois après un lancement en fanfare, le label de Christopher Woodrow et Raj Singh semble prendre l’eau de toutes parts. Les coulisses ressemblent à un cauchemar éveillé où les créances s’empilent plus vite que la neige ne s’entasse sur les sommets, menaçant de transformer ce reboot en catastrophe naturelle.
Le pot aux roses a été dévoilé par Variety. Selon les sources du média, la société Row K serait dans une mouise intégrale, incapable d’honorer ses factures depuis des mois. Huit employés de la boîte décrivent un climat de cauchemar où les prestataires et consultants, jamais payés, multiplient les menaces de procès et les arrêts de travail. L’équipe créative, menée par Megan Colligan (ex-présidente d’IMAX), passerait ses journées à esquiver les appels de créanciers furieux tandis que les patrons promettent que l’argent finira bien par remplir les caisses.
Au centre de ce typhon, on retrouve Christopher Woodrow, producteur de Birdman au passif déjà bien chargé en tribunaux. Woodrow s’était déjà coltiné un procès massif en 2014 pour des accusations de détournement de fonds et de mauvaise gestion financière dans son ancienne boîte. Associé à Raj Brinder Singh, producteur de John Wick, il tente de rassurer les investisseurs, pendant que ses cadres dirigeants engagent déjà des ténors du barreau pour protéger leurs arrières.
Le catalogue de Row K ressemble désormais à un cimetière de projets en sursis, qui inclut le film Poetic License de Maude Apatow et le prochain Gus Van Sant. Le cas Apatow est d’ailleurs symptomatique : le film a été repoussé de mai à septembre sans raison valable, et la réalisatrice attend toujours son chèque. Le studio semble jouer la montre, et certains évoquent que les dirigeants espèrent que les artistes se lassent et jettent l’éponge d’eux-mêmes pour éponger les dettes.
La seule lueur d’espoir pour Cliffhanger réside paradoxalement dans l’amateurisme des patrons. Bien que Row K ait annoncé l’acquisition du film en grande pompe, le deal avec l’agence CAA n’aurait jamais été formellement bouclé. Techniquement, le reboot de Cliffhanger est donc toujours sur le marché, attendant qu’un acheteur avec une vraie assise financière le sorte de cette crevasse.
Pour accompagner Pierce Brosnan et Lily James dans la poudreuse, Jaume Collet-Serra a convoqué Nell Tiger Free (Servant), Franz Rogowski (Bird), Assaad Bouab (Dix pour cent), Suzy Bemba (Pauvres Créatures) et Bruno Gouery (Emily in Paris). Shubham Saraf et la jeune Olivia-Mai Barrett complètent cette distribution qui a franchement de la gueule sur le papier, même si tout ce beau monde risque de finir au chômage technique si la boîte de prod ne redresse pas la barre.
Dans un monde parfait, le film Cliffhanger devait sortir dans le courant de l’année 2026, ce sur quoi on ne pariera pas.
Lucky Luke : les premiers avis sur la série Disney+ sont tombés
La nouvelle mouture de Lucky Luke débarque tout juste sur Disney+, avec Alban Lenoir dans les bottes du cow-boy solitaire sous la direction de Benjamin Rocher. Et les premiers avis de la presse sont déjà là.
Le dépeçage méthodique du patrimoine franco-belge se poursuit sans relâche après les incursions plus ou moins heureuses d’Astérix ou du Marsupilami. Sous la bannière de Disney+ et France Télévisions, l’homme qui tire plus vite que son ombre revient dans une version pilotée par Benjamin Rocher (Antigang). Loin des strips de Morris, on nous promet un western nerveux où Luke joue les baby-sitters pour une gosse de 18 ans en quête de sa génitrice, sur fond de complot politique capable de secouer les États-Unis.
Pour incarner la mâchoire carrée la plus célèbre de l’Ouest, c’est l’infatigable Alban Lenoir qui s’y colle, flanqué de Billie Blain dans le rôle de Louise et d’Alice Taglioni. Le casting s’autorise aussi quelques recrutements surprenants avec Jérôme Niel en Joe Dalton électrique, Victor Le Blond en Billy the Kid, ou encore Camille Chamoux en Calamity Jane. Une distribution qui aura la lourde tâche de dépoussiérer le mythe en huit épisodes sur Disney+. Les premiers avis de la critique sont désormais disponibles. Revue de presse.
« Constamment tiraillée entre la poudre et l’absurde, la série ne choisit jamais et c’est un problème. Sans être vraiment drôle façon Chabat (avec Astérix), ce Luke n’est pas non plus le flingueur solitaire qu’on aurait finalement envie de voir. Au moins le décorum fait largement illusion. Tournée sur les terres de Sergio Leone, dans la ville-studio située au sud d’Almería, en Espagne, la série baigne dans une superbe lumière déclinante et vient se blottir à l’ombre du western italien. » Première
« Alors, certes la sauce ne prend pas tout de suite, cette version met du temps à trouver son rythme, ses débuts sont hésitants. Mais attendez un peu. L’ensemble finit par trouver son ton. In fine, les comiques de situation, entre quiproquos, gaffes, et enchaînements absurdes, rendent la série amusante et particulièrement efficace. Les retournements liés aux bourdes des personnages font leur effet. Assez pour convaincre. » Le Parisien
« Ce Lucky Luke ne sera donc pas l’adaptation qui parviendra enfin à mettre tout le monde d’accord et pourtant, on rage de voir qu’elle aurait pu si elle avait su mettre les bons ingrédients au bon endroit. Parce que oui, si toutes les situations humoristiques ne font pas mouche, voire sont parfois gênantes, il y a de vrais traits d’esprit hilarants par instant. » Journal du Geek
« Étirée sur huit épisodes, la série peine à maintenir une tension constante. On comprend mieux que Disney + propose l’intégralité de la série dès sa sortie. Les enjeux se diluent, certaines séquences s’éternisent et l’ensemble manque cruellement de nervosité – un comble pour un héros censé tirer plus vite que son ombre.
Cette lenteur impacte également l’humour, pourtant essentiel à l’ADN de Lucky Luke. Là où la bande dessinée brillait par ses dialogues percutants et son sens , la série propose des ressorts comiques souvent prévisibles, voire poussifs. Le héros est parfois tourné au ridicule, on accroche ou pas à ce ton décalé à la version papier. » Comicbox
« Si l’intrigue fonctionne, la série n’est pas exempte de défauts, à commencer par un rythme assez inégal, pour ne pas dire mou de la gâchette (le comble). Mollesse qui se ressent aussi chez certains comédiens qui bafouillent, parlent dans leurs moustaches – même sans en porter.
Par moments, il nous faut carrément tendre l’oreille et redoubler d’attention pour bien comprendre ce qui se dit, presque à en négliger le visuel. Excepté ce problème d’élocution, le casting se montre toutefois assez solide dans l’ensemble, porté notamment par Jérôme Niel, qui campe un Joe Dalton délicieusement détestable, mais capable aussi, à l’occasion, de se révéler touchant. Camille Chamoux sort également du lot en Calamity Jane. » Actua BD
« C’est donc la déception qui prime à la fin des huit épisodes de la série, tant les bonnes idées sont présentes, mais l’assemblage final laisse très perplexe. Après les échecs cinématographiques de 1991 (Terence Hill) et 2009 (James Hutt), cette nouvelle série de Disney+ prouve une fois de plus que Lucky Luke est peut-être mieux dans sa version papier. » Les Numériques
Les premiers retours soulignent une mise en scène plutôt solide de Benjamin Rocher, qui insuffle une énergie très actioner aux chevauchées d’Alban Lenoir. Visuellement, la série semble avoir les moyens de ses ambitions, offrant un Far West crédible, en particulier grâce aux décors naturels splendides. La dynamique entre Luke et la jeune Louise apporte une dose d’humanité inattendue à un héros qui, d’ordinaire, préfère la conversation de son canasson à celle des humains.
Pourtant, tout n’est pas rose au pays des saloons. Certains critiques tiquent sur une écriture jugée trop faiblarde, manquant cruellement de la verve satirique qui faisait tout le sel de l’œuvre originale de Morris et Goscinny. Enfin, le choix d’un héros trop torturé qui doute de ses capacités pourrait bien faire grincer les dents des puristes attachés au cow-boy imperturbable des albums.
Lucky Luke est disponible sur Disney+ depuis ce 23 mars 2026. Notre critique arrivera très vite.
Wickaël a écrit : ↑mar. 24 mars 2026 11:51
Sinon ça s’annonce assez épique, il faudrait que je vois les deux films d'animation à l'occasion.
Quand tu auras vu le film d'animation, tu n'auras plus envie de voir l'adaptation
Non mais pas trop envie de voir cette adaptation, je mentionnais juste le côté épique des scènes montrées, c’est assez bien foutu. Mais le film d'animation et sa suite sont sur ma liste.