Le Centre de Visionnage : Films et débats
Posté : mar. 12 mai 2026 16:09
je n'avais pas fait attention : o la la le jury du festival : pas un à sauver

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J’ai appris que Demi Moore était dans le jury avec sa sortie sur l’IA.
Quasiment impossible ! Les trois quarts des films en compétition ne me donnent aucune envie. Et puis, quand il y a eu de beaux palmarès, il y avait au moins une personnalité forte. Sauf si Park Chan-wook crée la surprise, on ne sait jamais, effectivement. Mais je ne crois vraiment pas tropTamponn Destartinn a écrit : ↑mar. 12 mai 2026 19:07
Selon la règle, ça peut signifier un très bon palmarès du coup![]()











C’est l’unique moyen/long métrage de Jean-Luc Godard que je n’ai jamais vu ! (Je me demande si je ne le fais pas exprèscyborg a écrit : ↑mar. 19 mai 2026 23:44
Si chacun des films de Godard pris individuellement est passionnant, j'aime toujours situer ses œuvres dans sa trajectoire globale, au sein de sa carrière, de sa pensée, mais aussi du siècle et de ses techniques. Je reste persuadé que son parcours reste et restera à jamais unique. Cette considération globale lui donne une dimension passionnante. Le Gai Savoir ne manque pas à la règle. Réalisé en 68 (pile avant et après "les évènements" dit la légende), il s'agit du premier film de JLG réalisé pour la télévision. Qui, bien sur, lui refusera sous des prétextes que l'on peut facilement imaginer. Si la décennie suivante est un virage total vers la forme vidéo, collective, mais aussi télévisuelle (ses deux séries formidables "Tour de France" et "Six Fois Deux" - qui elles aussi auront des existences compliquées), "Le Gai Savoir" en est le joyeux laboratoire. Qui continuera à la suivre tout au long de sa vie car l'on trouve ici une somme incessantes d'expérimentations, d'utilisation de found-footage, de rapport au langage comme matière première etc qui apparaitront jusqu'au bout de son œuvre. Il y a néanmoins encore un bon pied dans le cinéma plus "traditionnel" par son jeu avec deux acteurs, minaudant avec quelques accessoires dans un studio tout noir. Mais ce que l'on pourrait dénoncer comme didactique est avant tout extrêmement ludique et nous retrouvons ici alignés ce qui composent parmi les meilleurs assertions de l'auteur. Plus le film avançait plus j'avais l'impression de voir un "Société du Spectacle" (dont la couverture finit d'ailleurs par apparaitre à l'image) en version pop... jusqu'à ce que, vérifiant les dates, je me rende compte que le film de Debord lui était postérieur ! Peut-être n'est-ce qu'un rééquilibrage tant le long écran noir sonore (quasi) final semble regarder dans la direction de "Hurlements en faveur de Sade" du même Debord. Bref, sacré Jean-Luc !












Je trouve que pas mal de trucs sonnent faux en plus de ces aspects de scénario plaqués. Ca commence par le plan moche en effets spéciaux du Paris d'époque, et ça passe par le cast masculin que je trouve complètement raté (Marmai dans En liberté oui, mais là en peintre ?!, Kervern encore pire, ok en concierge dans Dans la cour, mais là c'est la cata), et par tout un tas de détails sur lesquels on met de l'importance mais qui semblent complètement farfelus (le fait que Suzanne mette/enlève les lentilles à chaque 'transe' sans que l'autre capte quoi que ce soit, qu'elle pique les journaux d'Irène un par un etc...)

yhi a écrit : ↑jeu. 21 mai 2026 00:02Je trouve que pas mal de trucs sonnent faux en plus de ces aspects de scénario plaqués. Ca commence par le plan moche en effets spéciaux du Paris d'époque, et ça passe par le cast masculin que je trouve complètement raté (Marmai dans En liberté oui, mais là en peintre ?!, Kervern encore pire, ok en concierge dans Dans la cour, mais là c'est la cata), et par tout un tas de détails sur lesquels on met de l'importance mais qui semblent complètement farfelus (le fait que Suzanne mette/enlève les lentilles à chaque 'transe' sans que l'autre capte quoi que ce soit, qu'elle pique les journaux d'Irène un par un etc...)
J'ai beau remettre ça en perspective avec une mise en scène qui adopterait un style forain, et donc de la tromperie, du jeu, du théâtre et de l'artificialité; ma suspension d'incrédulité est quand même mise à rude épreuve.
sokol a écrit : ↑sam. 23 mai 2026 03:58 Ce soir, Andreï Zviaguintsev aura probablement la Palme d’or tant espérée.
Dans une interview au Monde, il se vante que Minotaure, son film, n’a jamais été vu par qui que ce soit avant sa projection officielle à Cannes, le 18 mai. Pourtant, lorsque Thierry Frémaux dévoilait la sélection officielle, le 9 avril, il expliquait que 2541 longs-métrages avaient été soumis au plus grand festival de cinéma du monde. Sauf celui de Zviaguintsev, alors ! Mais passons, on ne va pas faire du chichi.
Je n’ai pas encore vu le film (il y a d’ailleurs de fortes chances qu’il ne me plaise pas) mais dans cette interview, même s’il se dit exilé de Russie et opposé à la guerre, il passe son temps à insister sur le fait qu’il est russe ! https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article ... ce=default
Le film, tourné en Lettonie, est un thriller intime sur un couple russe, avec la guerre en Ukraine en toile de fond : les Russes sont filmé comme des victimes du poutinisme, les plaçant ainsi au même rang de victimes que les Ukrainiens (alors que ce sont quand même les Russes qui tuent les Ukrainiens !).
Il se proclame pacifiste et apolitique dans son interview, en divisant les gens entre ceux qui veulent la confrontation et ceux qui veulent la paix, alors qu’en réalité la ligne de fracture passe plutôt entre ceux qui veulent reconnaître les crimes et demander pardon, et ceux qui s’y refusent.
En tout cas, tous ses films précédents avaient des relents grand-russes. Tous, car je les ai tous vus à leur sortie. Je ne m’attends pas à mieux cette fois-ci. Pourtant, je suis convaincu qu’il aura la Palme d’Or.
Et pour conclure, j’ai envie de dire ceci : le jour où un grand artiste russe dira « Je suis ukrainien » ( à la manière du « Je suis Charlie » ou du « Ich bin ein Berliner » ), il y a de fortes chances que son film me plaise.
Mais apparement, hélas, ce n’est pas pour demain…
ceci dit, j'oublie James Gray, qui coche les mêmes casesTamponn Destartinn a écrit : ↑sam. 23 mai 2026 14:14 Moi je mise aussi sur Minotaure palme d'or
Park Chan Wook m'a l'air du genre "respect des anciens", je ne le vois pas du tout récompenser un.e jeune cinéaste, à la plus petite carrière que lui.
Genre le Emmanuel Marre j'y crois zéro !
Zviaguintsev est le seul vieux cinéaste (de plus de 60 ans en tout cas) dans les films préférés des retours cannois. Donc il est taillé pour ce prix, selon ma théorie.
A moins qu'il aille jusqu'à la donner à Almodovar, plus pour l'ensemble de son oeuvre, comme le Lion d'or la dernière fois![]()
Ça alors !! Donc Park ne comprend pas du tout du tout l’anglais ?? Même à l’écrit ??
C’est ma deuxième hypothèse également !!Tamponn Destartinn a écrit : ↑sam. 23 mai 2026 14:14
A moins qu'il aille jusqu'à la donner à Almodovar, plus pour l'ensemble de son oeuvre, comme le Lion d'or la dernière fois![]()
Je ne crois pas (ça aurait été « trop facile »).
Mungiu c’est très simple :




Attends peut être de voir le film, avant de le mettre du mauvais côté de la barrière, non ?sokol a écrit : ↑dim. 24 mai 2026 14:51Mungiu c’est très simple :
c’est pour le meilleur (lorsqu’il traite des sujets socio-politico-économique, cela donne des chef d’œuvres) :
ou pour le pire : dés qu’il s’agit de sujet métaphysico-existencielo-théologique, ça se gâte (le scénario prend le dessus, la mise en scène devient lourdingue et ça donne des Palme d’or) :
![]()
J’étais très déçu en apprenant le sujet du film…Tamponn Destartinn a écrit : ↑dim. 24 mai 2026 15:35
Attends peut être de voir le film, avant de le mettre du mauvais côté de la barrière, non ?![]()
Oui, ce n’est pas la même situation (et puis, qu’est-ce qu’on sait ? Peut-être qu’il n’est pas du tout copain avec son compatriote, le réalisateur de Hope ?!).Tamponn Destartinn a écrit : ↑dim. 24 mai 2026 15:35 Sinon, pas compris la comparaison avec Kusturika, vu que le copain de la sélection du président du jury cette année, c'était Hope, et il est nulle part dans le palmarès. Au contraire, le mec a clairement voulu éviter tout soupçon de copinage.

Je l’ai revu, Asako. Rien d’extraordinaire.Tamponn Destartinn a écrit : ↑lun. 25 mai 2026 12:05
Signe que c'est toujours génial et qu'il n'a raté aucun film, certes, mais que tout de même, il perd aussi de la force de ses débuts ?...
Soudain : Soudain. Je ne sais pas si je le préfère à Senses ou Asako, on s'en fout, mais je serais très étonné qu'il ne soit pas premier de mon top à la fin de 2026.






Puisque tu as spoilé le twist du film (la mort de Vera et surtout le fait que l’enfant était bien de son mari) : comment peut-on croire à un truc pareil ? Toi qui disais, il y a quelques jours, trouver complètement absurde la rencontre entre Amin et un producteur américain dans Mektoub, My Love: Canto Due, au point de rendre le film presque nanardesque (pourtant, il n’y a pas mort d’homme, si je puis dire), comment peux-tu croire qu’une femme, dans une relation sans amour, mente à son mari à propos de sa grossesse, accepte de avorter, puis se suicide après ? Moi aussi, je peux dire que le film est un nanar (ce qu’il n’est pas).groil_groil a écrit : ↑mer. 27 mai 2026 11:48 Elle meurt des suites de cet opération réalisée clandestinement. Et l'homme d'apprendre trop tard que cet enfant était en fait bien le sien.
En fait, à mon humble avis, c’est son seul vrai bon film, car, pour une fois, ce n’est pas une histoire de couple — autrement dit, l’énième variation sur le divorce de ses parents.groil_groil a écrit : ↑mer. 27 mai 2026 11:48 Je me souviens qu'Elena, le troisième, m'avait déçu, mais a posteriori je crois surtout que c'est parce que le cinéaste m'avait surpris en me proposant quelque chose qui n'était pas ce que j'attendais. La suite de sa filmographie l'a confirmé. Donc je suis très heureux de le revoir pour réviser mon jugement.

Pas une histoire de couple ?? ?? mais c'est le sujet central du filmsokol a écrit : ↑mer. 27 mai 2026 16:49En fait, à mon humble avis, c’est son seul vrai bon film, car, pour une fois, ce n’est pas une histoire de couple — autrement dit, l’énième variation sur le divorce de ses parents.groil_groil a écrit : ↑mer. 27 mai 2026 11:48 Je me souviens qu'Elena, le troisième, m'avait déçu, mais a posteriori je crois surtout que c'est parce que le cinéaste m'avait surpris en me proposant quelque chose qui n'était pas ce que j'attendais. La suite de sa filmographie l'a confirmé. Donc je suis très heureux de le revoir pour réviser mon jugement.
C’est exactement le même phénomène que chez Cristian Mungiu : lorsqu’il traite de sujets socio-politico-économiques, cela donne de très bons films (“RMN” pour Mungiu, comme “Elena” dans le cas de Andreï Zviaguintsev) ; mais dès qu’il s’agit de sujets métaphysico-existentielo-théologiques, tout se gâte : le scénario prend le dessus, la mise en scène devient lourdingue, et cela donne que des films primés, autrement dit, toute la filmographie de Zviaguintsev, sauf… “Elena” ! Hasard ? Pas du tout !
Je savais que tu allais réagir dans ce sens. Oui, bien sûr que c’est un couple, mais le film s’intitule Elena, donc c’est avant tout le portrait d’une femme. Et le film est très centré sur les problèmes socio-économiques de ces personnages, ce qui n’est pas du tout le cas dans les autres films.groil_groil a écrit : ↑jeu. 28 mai 2026 09:13
Pas une histoire de couple ?? ?? mais c'est le sujet central du filmje le sais, je l'ai revu hier
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Je te sais très remonté contre ce cinéaste, sans que je ne comprenne pourquoi, parce que franchement, je revois tout ses films, et dans chacun il y a une attaque pour ou moins directe contre le gouvernement de Poutine.sokol a écrit : ↑jeu. 28 mai 2026 23:58Je savais que tu allais réagir dans ce sens. Oui, bien sûr que c’est un couple, mais le film s’intitule Elena, donc c’est avant tout le portrait d’une femme. Et le film est très centré sur les problèmes socio-économiques de ces personnages, ce qui n’est pas du tout le cas dans les autres films.groil_groil a écrit : ↑jeu. 28 mai 2026 09:13
Pas une histoire de couple ?? ?? mais c'est le sujet central du filmje le sais, je l'ai revu hier
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PS : ce qui est monstrueux dans Le Bannissement, ce n’est pas le fait que l’héroïne meure (who cares ??!), mais l’idée que la Russie, elle, est éternelle (ses plaines et ses paysages à la fin du film). C’est dans ce cadre qu’il faut voir même la réaction de Zviaguintsev lors de la cérémonie de clôture à Cannes : c’était comme si, en 1940, Chaplin ne s’était pas adressé aux gens et aux soldats, mais avait plaidé auprès de « M. le chancelier du Reich Hitler » pour mettre fin au massacre.
Au mieux, c’est inconscient ; au pire, dégueulasse. Ce qui confirme qu’il est autant grand russe que le président-criminel de son pays. Et ça se voit dans ses films (mais il avait bien caché son jeux, en faisant des plans ’sublimes’, une mise en scène ‘incroyable’ etc etc)





1. Au fond, je n’ai rien contre lui, mais contre les deux derniers films de Tarkovski (Nostalghia et Le Sacrifice). Ne serait-ce que les titres… (la nostalgie, le sacrifice, le bannissement… : c’est la même chose, n’est-ce pas ?)groil_groil a écrit : ↑lun. 1 juin 2026 14:01
Je te sais très remonté contre ce cinéaste, sans que je ne comprenne pourquoi, parce que franchement, je revois tout ses films, et dans chacun il y a une attaque pour ou moins directe contre le gouvernement de Poutine.
Bref, passons.