Le Centre de Visionnage : Films et débats
je n'avais pas fait attention : o la la le jury du festival : pas un à sauver

"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Jean-Marie Straub
- Tamponn Destartinn
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J’ai appris que Demi Moore était dans le jury avec sa sortie sur l’IA.
Si les autres membres sont de cet acabit (Chloe « Marvel » Zhao je la vois bien penser pareil), effectivement ça risque pas de voler haut…
Quasiment impossible ! Les trois quarts des films en compétition ne me donnent aucune envie. Et puis, quand il y a eu de beaux palmarès, il y avait au moins une personnalité forte. Sauf si Park Chan-wook crée la surprise, on ne sait jamais, effectivement. Mais je ne crois vraiment pas tropTamponn Destartinn a écrit : ↑mar. 12 mai 2026 19:07
Selon la règle, ça peut signifier un très bon palmarès du coup![]()
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
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Un fantome utile - Ratchapoom Boonbunchachoke - 2025
Un des axes d'analyses pertinents pour tout film d'épouvante est : qu'y représente la figure du mal, ou "que symbolise-t-elle ?". La question est plus intéressante encore quand il s'agit d'un film de fantôme ou de "hantise", permettant de lire la question de la possession au premier degré : qui (ou quoi) possède qui (ou quoi) ; qui est possédé par qui. C'est sans doute ainsi qu'il faut lire cette histoire d'amour entre un humain et un aspirateur, hanté par le fantôme d'un ouvrier mort à l'usine. Plus intéressant encore, alors que l'histoire commence de la sorte, elle laisse finalement une place centrale à une autre histoire qui s'y enchâsse, celle des patrons de la dite-usine, également aux prises avec une histoire d'amour et d'aspirateur hanté. De la sorte, la première histoire est hanté par la seconde. Le film semble donc nous dire que le rêve des ouvriers est "possédé" par leurs patrons, s'ouvrant de la sorte à une lutte des classes (faisant un clin d’œil à la lutte décolonial) dont la figure du fantôme se drape d'une dimension politique et résistante. Boonbunchachoke construit tout son film comme un emboitement de souvenirs et de rêves se démultipliant les uns dans les autres, sorte de "Inception" thaï, l'humour en plus et le grand spectacle en moins. Si le film aurait pu gagner en clarté et en brièveté, poussant parfois son jeu narratif à ses dernières limites, le discours final, à la portée cathartique et révolutionnaire, reste quant à lui bien visible. Si le film est avant tout une réjouissante curiosité, il est extrèmement plaisant de découvrir un autre versant du cinéma thaï. Si des motifs (les fantômes, les rêves, le sexe, la politique...) y sont communs avec sa figure de proue international, Apichatpong, le traitement en est on ne peut plus différent, et c'est tant mieux !
