Le Centre de Visionnage : Films et débats

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sokol
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groil_groil a écrit : jeu. 6 août 2026 09:40 Ce qui déstabilise dans ce film, c'est qu'on se demande comment Breillat a pu se faire avoir de la sorte, car c'est vraiment flagrant que le type est là pour profiter d'elle et de son argent. Et ce qui est beau, mais qui peut être frustrant également, c'est que le film ne répond pas à cette question. Il montre les choses via le regard de Breillat, et cela semble presque naturel de succomber à cet homme, comme si le point de vue était celui non d'une cinéaste qui avait pris le recul nécessaire pour faire le point sur un pan de sa vie, mais au contraire celui d'une femme venant de subir un AVC.
C'est exactement ce que j'avais ressenti quand je l'avais vu à sa sortie. Je m'étais alors dit que la grande chance de Catherine Breillat, c'est d'être une femme d'une force peu commune. Elle a toujours répété que le métier de metteur en scène est un métier d'homme et, en revoyant ce film, on comprend mieux pourquoi : elle est tout sauf une déprimée (ce n'est ni Claire Denis ni Naomi Kawase, quoi).
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
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groil_groil
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sokol a écrit : jeu. 6 août 2026 11:40

C'est exactement ce que j'avais ressenti quand je l'avais vu à sa sortie. Je m'étais alors dit que la grande chance de Catherine Breillat, c'est d'être une femme d'une force peu commune. Elle a toujours répété que le métier de metteur en scène est un métier d'homme et, en revoyant ce film, on comprend mieux pourquoi : elle est tout sauf une déprimée (ce n'est ni Claire Denis ni Naomi Kawase, quoi).
Oui je trouve l'acte assez courageux, notamment car elle ne se met vraiment pas en valeur.
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Tamponn Destartinn
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Les matins merveilleux - Avril Besson

J'étais très enthousiaste à la sortie, mais le temps passant, je me dis que c'était surtout pour India Hair qui est à son meilleur. Et aussi pour le refus de raconter une histoire classique, notamment avec l'idée brillante de désamorcer immédiatement le rôle d'Eric Cantonna (non, ce n'est pas un film sur une fille qui retrouve son père inconnu...)
Ceci dit, un film d'errance sans scénario fixe dans un coin paumé du Sud proche de la mer, on en a eu un autre cette année, c'était Affection Affection. Et la différence est évidente : la mise en scène. Avril Besson filme trop clasiquement son film pour que cela marche pleinement. On est dans un entre-deux étrange et un peu vain, infine.

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Le triangle d'or - Hélène Rosselet-ruiz

A l'inverse, ici il y a un sujet, un gros. Un récit de lutte des classes, où une jeune fille de 20 ans qui compte faire l'armée devient en attendant la servante de la compagne d'un prince saoudien richissime. Elle accepte un dévouement 24h/24 et 7 jours sur 7 en échange d'un très gros salaire. Au premier abord, le rapport dominant/dominé est évident entre les deux femmes, mais progressivement, on comprend que la femme n'est "qu'une" maitresse et que son statut est tout aussi précaire, si ce n'est plus, que celui de celle qu'elle traite comme une esclave. Forcément, une fois les faux semblants envolés, leur relation évolue...
Je trouve le sujet passionnant, le choix du huis clos dans cet hôtel particulier/prison pertinent... mais j'ai déchanté sur sa dernière partie et surtout sa fin. Tout me semblait converger vers une sorte de relecture de La Cérémonie de Chabrol. Où les quatre prolétaires abusés (je compte le garde du corps palestinien et surtout la panthère noire séquestrée !) s'unissent ensemble pour péter la tronche à leur bourreaux... Bon ben pas du tout. On est dans un aveu d'échec total, une incapacité à bouger les lignes. Après, je ne dis pas non. Récemment, le Anora de Baker allait aussi dans cette direction. Mais justement, si on compare les deux, clairement il y en a un qui tient un propos à cet égard, et l'autre qui semble juste renoncer comme ses personnages. C'est dommage. Mais je pense que la réalisatrice (que je connais de loin) est à suivre.
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groil_groil
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Visiter il y a quelques jours les châteaux de Louis 2 de Bavière, Neuschwanstein et Linderhof, m'a forcément donné envie de revoir Ludwig, un des plus beaux Visconti à mes yeux. Je n'avais jamais réalisé un truc, c'est que selon Visconti, le film fait partie d'une trilogie complétée avec Les Damnés et Mort à Venise. On peut trouver ça assez tiré par les cheveux, mais personnellement j'y vois une belle logique, une sorte de trilogie du décadentisme poussé à son extrême, Et vers les extrêmes. Ludwig serait le dernier volet, mais personnellement je le lis aussi comme les prémices des Damnés. Où comment un monarque, incapable de gouverner, s'enferme progressivement dans un monde clos, coupé de tout contact et de toutes règles extérieures, et va recréer son propre monde, régi par des règles internes et totalement coupées du monde extérieur. On peut voir cela comme les origines du nazisme quelque part, surtout que Ludwig est là au moment où l'Allemagne est censée s'unifier et qu'il lutte beaucoup pour ne pas faire partie de cette grande Allemagne promise, comme s'il se sentait supérieur aux autres. Mais je vois surtout dans le Ludwig de Visconti, le chantre du décadentisme, portrait miroir du Gustav von Aschenbach de Mort à Venise. Les deux se coupent totalement du monde extérieur et cristallisent leur attention sur un détail romantique, la beauté d'un jeune garçon chez l'un, l'enfermement dans des palais toujours plus beaux pour l'autre. L'obsession de Ludwig était de reconstruire était de singer Louis XIV en essayant de reconstruire son Versailles à lui, et de s'y enfermer, seul, pour tenter de reproduire ce que les romantiques décadents nomment l'Artifice, plus beau que la nature, par essence. C'est fou d'ailleurs, d'imaginer que Ludwig était la plus part du temps seul en ces lieux grandioses. Quand on visite Linderhof on voit cette table de diner étrange qui disparait dans le sol quand le monarque avait fini de diner pour que même les serveurs, les valets, n'entrent pas en contact avec lui pour lui amener son diner ou débarrasser la table. C'est d'ailleurs très bien montré dans le film, mais sachez que cette table à mécanisme est réelle, c'est dingue. Bref, ces deux personnages, Gustav d'un côté, Ludwig de l'autre, sont sans doute les deux personnages ayant le mieux incarné le décadentisme au cinéma, sortes de projection du Des Esseintes de Husymans au cinéma. Il faudrait désormais que je revois le mal-aimable Les Damnés que je connais un peu moins bien que les deux autres, mais ce film est tellement dur à regarder qu'il me rend malade à chaque fois. Et je pense que c'est volontaire de la part de Visconti, de rendre ce film impossible à aimer, justement à cause de son sujet.
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sokol
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Je viens d’avoir un deuxième écho d’applaudissements dans une salle de cinéma à la fin de L’Odyssée.

À mon avis, c’est parce que les gens approuvent la fin, assez moralisatrice : Ulysse prend conscience de ce qu’il a fait et décide de partir.

Et chez vous, ça applaudi ?
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sokol a écrit : dim. 9 août 2026 20:56 Je viens d’avoir un deuxième écho d’applaudissements dans une salle de cinéma à la fin de L’Odyssée.

À mon avis, c’est parce que les gens approuvent la fin, assez moralisatrice : Ulysse prend conscience de ce qu’il a fait et décide de partir.

Et chez vous, ça applaudi ?
Pas vraiment. :D

En vrai, je pense que ceux qui applaudissent le font surtout pour le souffle épique que dégage le film. La fin moralisatrice, c’est vraiment pas le truc que je retiens le plus de l’ensemble (perso, j’avais surtout hâte que ça se termine). :lol:
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Kahled a écrit : dim. 9 août 2026 21:14 La fin moralisatrice, c’est vraiment pas le truc que je retiens le plus de l’ensemble (perso, j’avais surtout hâte que ça se termine). :lol:
Pense bien que je ne parlais pas de toi ! :D Mais sur Internet, je lis que les gens commentent beaucoup sa fin, surtout son renoncement au trône car cela correspondrait au fameux dégagisme, devenu quasiment une espèce de sport collectif sur les réseaux sociaux (un exemple frais : les Népalais, après avoir fait une révolution partie d’Internet, ont renversé leur gouvernement élu, dit communiste, pour élire comme Premier ministre un rappeur de 36 ans :lol: :cry:
https://www.courrierinternational.com/a ... pal_242293
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groil_groil
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ça a applaudit un tout petit peu à Paris, mais comme le dit Kahled c'est surtout des gens qui étaient bluffé par le spectacle qu'ils venaient de se prendre dans la tronche, je l'ai ressenti ainsi en tout cas.
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groil_groil a écrit : lun. 10 août 2026 09:23 ça a applaudit un tout petit peu à Paris, mais comme le dit Kahled c'est surtout des gens qui étaient bluffé par le spectacle qu'ils venaient de se prendre dans la tronche, je l'ai ressenti ainsi en tout cas.
Si on va par là, niveau spectacle, les Spider-Man & co. sont quand même bien mieux placés, non ? Et je ne parle même pas de tous les autres films d’action...
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Revu avec les enfants qui sont en pleine Eddie Murphy mania. C'est marrant d'ailleurs, ce comédien qu'on ne connait en fait qu'à moitié, car on préfère systématiquement sa VF. Immense doubleur certes, qui a contribué pour beaucoup au succès du comédien en France (doubleur mort il y a peu de temps d'ailleurs) mais qui pour le coup nous prive un peu du jeu de Murphy, sa voix française étant indissociable de son jeu d'acteur. Est-ce le seul à bénéficier ou subir ce sort ? Harrison Ford (même s'il a changé plusieurs fois de doubleurs), Sean Connery et Bruce Willis sont les autres acteurs qui me viennent en tête mais en y réfléchissant il n'y a que peu de films avec ces acteurs-là que je choisis de regarder en VF alors que pour Murphy, c'est la totalité. Quoiqu'il en soit, Le Flic de Beverly Hills est un chouette film, et je pense qu'on va leur montrer les deux autres, signés Scott et Landis, même s'il me semble me souvenir qu'ils sont soit plus violents soit plus vulgaires que le premier volet.

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En pleine lecture de l'intégrale des Rougon-Macquart, je tente ensuite d'en voir les nombreuses adaptations réalisées pour le cinéma. Avec Gervaise, René Clément adapte en 1956 L'Assomoir, qui est pour le moment (j'en suis à la moitié) le gros chef-d'oeuvre de l'ensemble de l'oeuvre. Clément est très proche de l'oeuvre, peut-être même un peu trop, et en deux heures, il ne peut en proposer qu'un résumé. C'est un joli résumé, propre et fidèle, mais il ne peut qu'effleurer la richesse et la complexité du roman. Surtout, j'ai l'impression qu'il ne parvient pas du tout à en saisir l'immense noirceur, le profond désespoir qui l'habite. Son adaptation est trop proprette et bien comme il faut, ses cafés trop propres et ces personnages trop lisses. On ne peut pas lui en vouloir plus que ça, c'est sans doute lié aux us du cinéma de l'époque, mais j'ai un peu l'impression d'en voir une version édulcorée qu'on rendrait accessible à des scolaires. Et puis quel drôle de choix que de confier le rôle de Gervaise à Maria Schell qui a plus le profil d'une actrice à la Romy Schneider avec son étrange diction, qui ne ressemble pas du tout à l'idée qu'on se fait du personnage en lisant le roman, même s'il faut bien admettre qu'elle donne de sa personne et qu'elle finit par être convaincante grâce à sa gestuelle, car elle joue beaucoup avec son corps, et c'est plutôt appréciable au final car le rôle est très physique.
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Je me cite (même si, je cite surtout Rohmer) mais c'est pour la bonne cause :
sokol a écrit : mer. 29 juil. 2026 11:07 Il n'y a que des images dans le dernier film de Nolan (rappelons-nous que Rohmer disait que le cinéma n'est pas seulement constitué d'images, mais avant tout de plans).

Bégaudeau parle pendant 15 minutes du cinéma de Nolan.
https://www.youtube.com/watch?v=Y-QwJn-b6Tk

Et il dit, je le cite :
"Un plan (une séquence, une figure cinématographique propre) de Nolan, n’existe pas. Il y a simplement des figures scénaristiques dans ses films"
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
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sokol a écrit : lun. 10 août 2026 10:07 Je me cite (même si, je cite surtout Rohmer) mais c'est pour la bonne cause :
sokol a écrit : mer. 29 juil. 2026 11:07 Il n'y a que des images dans le dernier film de Nolan (rappelons-nous que Rohmer disait que le cinéma n'est pas seulement constitué d'images, mais avant tout de plans).
Bégaudeau parle pendant 15 minutes du cinéma de Nolan.
https://www.youtube.com/watch?v=Y-QwJn-b6Tk

Et il dit, je le cite :
"Un plan (une séquence, une figure cinématographique propre) de Nolan, n’existe pas. Il y a simplement des figures scénaristiques dans ses films"
Oui, c’est tiré de sa Gêne Occasionnée sur Tenet (très fournie de mémoire).
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Kahled a écrit : lun. 10 août 2026 11:49 Oui, c’est tiré de sa Gêne Occasionnée sur Tenet (très fournie de mémoire).
ah ok, c'est pour cela que "L'Odyssée" n'est pas évoqué. Merci !
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Seulement 11 000 spectateurs à ce jour pour "L’Aventure rêvée"... :sweat:

Meanwhile, L’Odyssée franchit le milliard au box-office mondial (1 milliard et 104 millions de dollars : c’est le montant atteint dimanche 9 août)

P.S. 1 : Cinéma, je t’encule
P.S. 2 : "Soudain" sort demain :bounce:
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ah oui, j'ai oublié :

P.S.3 : "Bienvenue chez les Ch’tis" a été vu par 20,5 millions de personnes :fu:
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cyborg
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@groil_groil : juste pour info complémentaire, le doubleur de Murphy n'est pas qu'une voix mythique mais aussi un réalisateur de films aussi formidables que méconnus. Son nom est Med Hondo ;)
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groil_groil
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cyborg a écrit : mar. 11 août 2026 12:33 @groil_groil : juste pour info complémentaire, le doubleur de Murphy n'est pas qu'une voix mythique mais aussi un réalisateur de films aussi formidables que méconnus. Son nom est Med Hondo ;)
ah merci, tu me l'apprends !!!
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len'
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groil_groil a écrit : lun. 10 août 2026 09:54 Revu avec les enfants qui sont en pleine Eddie Murphy mania. C'est marrant d'ailleurs, ce comédien qu'on ne connait en fait qu'à moitié, car on préfère systématiquement sa VF. Immense doubleur certes, qui a contribué pour beaucoup au succès du comédien en France (doubleur mort il y a peu de temps d'ailleurs) mais qui pour le coup nous prive un peu du jeu de Murphy, sa voix française étant indissociable de son jeu d'acteur. Est-ce le seul à bénéficier ou subir ce sort ? Harrison Ford (même s'il a changé plusieurs fois de doubleurs), Sean Connery et Bruce Willis sont les autres acteurs qui me viennent en tête mais en y réfléchissant il n'y a que peu de films avec ces acteurs-là que je choisis de regarder en VF alors que pour Murphy, c'est la totalité. Quoiqu'il en soit, Le Flic de Beverly Hills est un chouette film, et je pense qu'on va leur montrer les deux autres, signés Scott et Landis, même s'il me semble me souvenir qu'ils sont soit plus violents soit plus vulgaires que le premier volet.
Patrick Poivey (Bruce Willis), Richard Darbois (Harrison Ford, Richard Gere), Emmanuel Curtil (Jim Carrey), Thierry Desroses (Samuel L. Jackson), Daniel Beretta (Schwarzenegger), Emmanuèle Bondeville (Michelle Pfeiffer), Virginie Ledieu (Meg Ryan), Michel Papineschi (Robin Williams)… Si je bascule de la VF à la VO pour tous ceux-là, j’ai l’impression que ce ne sont plus les mêmes acteurs. Dommage qu’on ne prenne plus le temps et le risque de faire appel à des voix aussi atypiques pour les doublages d’aujourd’hui, et des acteurs aussi fabuleux surtout, parce que ce sont avant tout des acteurs.
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len'
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sokol a écrit : lun. 10 août 2026 09:28 Si on va par là, niveau spectacle, les Spider-Man & co. sont quand même bien mieux placés, non ? Et je ne parle même pas de tous les autres films d’action...
T’as déjà vu un des derniers Spider-man ? Il y a même plus d’images, il y a plus rien du tout. Ces films-là (ou plutôt ces machins) ne te désespèrent pas simplement sur le cinéma mais sur l’état de l’humanité en général.
C’est peut-être pour ça que certains ont applaudi à la fin de l’Odyssée, ils se sont dit que c’était un chef-d’œuvre en comparaison.
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len' a écrit : mer. 12 août 2026 14:53 T’as déjà vu un des derniers Spider-man ? Il y a même plus d’images, il y a plus rien du tout. Ces films-là (ou plutôt ces machins) ne te désespèrent pas simplement sur le cinéma mais sur l’état de l’humanité en général.
C’est peut-être pour ça que certains ont applaudi à la fin de l’Odyssée, ils se sont dit que c’était un chef-d’œuvre en comparaison.

C’est intéressant, ce que tu dis. Je n’ai jamais vu un seul Spider-Man & co. (le dernier film Marvel/DC Comics que j’ai vu, c’était "The Dark Knight, Le Chevalier noir", justement de ce même Nolan. Ça remonte à 2007. C’est dire !)

Mais j’ai lu un peu à gauche et à droite sur le dernier "Spider-Man" et quelque chose me dit que, peut-être, il y a un tout petit peu plus de cinéma (des plans, des séquences, des figures cinématographiques) que dans "L’Odyssée". Mais ce n’est bien évidemment qu’une hypothèse ! Car je me demande si, à propos de ce dernier, comme le dit Critikat, je les cite, « on aurait encore préféré un péplum un peu daté façon "Troie" de Wolfgang Petersen » (en bon godardien incorrigible, je fonctionne par association, qui est une démarche dialectique. Même si, là, je pars d’une hypothèse, puisque je n’ai pas vu Spider-Man).
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len' a écrit : mer. 12 août 2026 14:53
C’est peut-être pour ça que certains ont applaudi à la fin de l’Odyssée, ils se sont dit que c’était un chef-d’œuvre en comparaison.
Ca, par contre, oui, l'idée que Nolan a sauvé le cinéma ( :D ), circule énormément sur les réseaux sociaux (tout en précisant qu’il a sacrifié Homère : acteurs de couleur, changement de la fin, etc., etc). Donc tu vois, c’est toujours très lié à l’histoire (au scénario, à la morale du film, quoi).
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sokol a écrit : mer. 12 août 2026 15:54
len' a écrit : mer. 12 août 2026 14:53
C’est peut-être pour ça que certains ont applaudi à la fin de l’Odyssée, ils se sont dit que c’était un chef-d’œuvre en comparaison.
Ca, par contre, oui, l'idée que Nolan a sauvé le cinéma ( :D ), circule énormément sur les réseaux sociaux (tout en précisant qu’il a sacrifié Homère : acteurs de couleur, changement de la fin, etc., etc). Donc tu vois, c’est toujours très lié à l’histoire (au scénario, à la morale du film, quoi).
Ce qui distingue Nolan des autres "faiseurs de blockbusters", c'est qu'il tient au filmage en décors réels, évitant le plus possible le recours à la béquille des images numériques qui enlaidissent l'ensemble de la production grand public à l'heure actuelle. Cette seule volonté qui va à l'encontre de l'industrie semble valoir comme système cinématographique au yeux des gens, et doit produire un certain effet par les temps qui courent, d'où les applaudissements à la fin.
Au pays des aveugles, les cyclopes sont rois. :D
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Tyra a écrit : jeu. 13 août 2026 10:55
Ce qui distingue Nolan des autres "faiseurs de blockbusters", c'est qu'il tient au filmage en décors réels, évitant le plus possible le recours à la béquille des images numériques qui enlaidissent l'ensemble de la production grand public à l'heure actuelle.
Je ne crois pas que ce soit l'unique raison mais bon, ça doit faire partie du délire
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En fait, Nolan est un réalisateur de « blockbusters d’auteurs » parce qu’il se targuerait à la fois de faire du cinema d’action spectaculaire ET du cinéma cérébral (donc « intelligent »). Et, pour citer Bégaudeau (encore), il ne peut pas gagner sur tous les tableaux.
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Kahled a écrit : jeu. 13 août 2026 11:43 En fait, Nolan est un réalisateur de « blockbusters d’auteurs » parce qu’il se targuerait à la fois de faire du cinema d’action spectaculaire ET du cinéma cérébral (donc « intelligent »). Et, pour citer Bégaudeau (encore), il ne peut pas gagner sur tous les tableaux.
Toutes mes connaissances l’ont vu et m’ont dit : "Ça donne envie de lire Homère" :D
J’ai chaque fois une envie folle de leur rappeler ce que disait Godard à propos de "La Liste de Schindler" (" Il a fallu que les Américains voient ce film pour qu’ils apprennent l’existence de la Shoah " ), mais je me retiens, car je ne parle de cinéma qu’ici et à la maison
:D
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Sur Soudain. :love:

Il serait tentant mais réducteur de voir dans Soudain un simple pot-pourri du cinéma d’Hamaguchi. Si on retrouve effectivement tous les motifs de son cinéma depuis Senses, au minimum, comme la représentation théâtrale et le jeu sur les multiples langues qui avaient déjà été pleinement abordés dans Drive my car, les longues discussions de Senses, ou encore le vampirisme capitaliste du Mal n’existe pas, ici, Hamaguchi opère un nouveau virage.

Il délocalise son intrigue en France, sans pour autant oublier son pays natal vers lequel il revient avec aisance, rendant les frontières beaucoup plus poreuses par l’image et par l’entraide, ce qui est le projet de ce beau et grand film qui nous introduit d’abord dans le quotidien d’une locale, Marie-Lou, dirigeante d’un EHPAD au bord du burn-out, aux prises avec les contradictions capitalistes de la gestion budgétaire de son établissement et à la stratégie de sa direction, alors que se met en place un nouveau système de traitement des résidants, dont l’horizon est la liberté et l’autonomie de ces derniers, avant de complexifier son jeu en abordant la rencontre avec le personnage de Mari, une metteuse en scène japonaise atteinte d’un cancer terminal, le film lorgnant un peu vers ce que Chris Marker appelait le dépays, espace autant mental que géographique dans lequel les rapports entre les deux personnages vont pleinement et intimement se déployer et redessiner un imaginaire d’une profonde vivacité, et un champ des possibles alors impensé : emprunter la voie qui amène de l’impossible au possible pour paraphraser plus ou moins Mari - je pense que toute la clé de ce film riche et foisonnant se situe-là.

C’est sans aucun doute le film le plus pédagogique de l’auteur, son plus didactique aussi, et celui où la parole est à la fois la plus maîtrisée - on perd un peu la fragilité qui faisait la beauté de Senses à ce niveau, je me rappelle de ce magnifique échange entre un mari en instance de divorce et une jeune écrivaine après sa représentation littéraire où les mots étaient davantage hésitants et tâtonnants - et la plus foisonnante, dense, stimulante et riche intellectuellement, ça parle capitalisme avec une précision rare et bienvenue, vulgarisant avec une aisance redoutable des concepts tout à fait précis, c’est presque d’utilité publique pour parler un peu trivialement - et quand je pense qu’on a parlé en ces termes du film L’Abandon sorti quelques mois plus tôt, ça me donne d’autant plus envie de vomir quand on voit ce qu’Hamaguchi a fait à côté, c’est d’un tout autre niveau (bref…).

Le film est découpé en chapitres, lesquels vont créer des espaces géographiques - un jardin dans un EHPAD, une scène dans un théâtre, une esplanade parisienne - et des temporalités qui vont mettre en leur centre les actrices, lesquelles vont alors laisser libre cours à toute leur intelligence, de jeu, de parole, d’actes et de gestes pour donner vie à l’utopie à l’œuvre dans ce film beau et généreux : la dignité des patients, leur liberté et, pour cela, l’abolition totale des frontières dessinées par le capitalisme, en brouillant au maximum les barrières entre les résidants et le personnel de l’établissement, chacun devenant tour à tour soignant et patient, les rôles s’intervertissant avec souplesse, avec ludisme au gré de ces ateliers et de ces cafés inventés et qui sont autant d’espaces d’émancipation à l’intérieur d’un système cloisonné.

C’est là que se trouve ce nouveau pays inventé par Hamaguchi : dans les interstices et les angles morts d’un système qui arrive à saturation.
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sokol
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Kahled a écrit : jeu. 13 août 2026 15:38
C’est sans aucun doute le film le plus pédagogique de l’auteur, son plus didactique aussi,
Un tout petit peu trop quand même :langue:
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
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Kahled a écrit : jeu. 13 août 2026 15:38 le film lorgnant un peu vers ce que Chris Marker appelait le dépays, espace autant mental que géographique dans lequel les rapports entre les deux personnages vont pleinement et intimement se déployer et redessiner un imaginaire d’une profonde vivacité,
Alors, justement là, j’étais un peu déçu, car, comme je savais que Virginie Efira parlait japonais dans le film, je croyais que cela ne s’expliquait pas forcément scénaristiquement (or, on apprend qu’elle avait fait des études de japonais, etc., etc.), mais que c’était un « caprice » cinématographique, un peu comme dans un film des Straub, où l’on parle avec un accent pas possible, ou chez Godard, ou je ne sais trop. Il doit y avoir d’autres exemples, mais ils ne me viennent pas à l’esprit (quel est ce film où, d’un coup, un ou plusieurs personnages se mettent à parler une autre langue ? :??: ).
Je m’attendais plutôt à ce genre de folie.

Mais ça va, le film n’est pas romanesque pour autant, pas du tout même.

@B-Lyndon puisque tu as vu le film : qu’est ce que t’en penses ?
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
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sokol a écrit : jeu. 13 août 2026 22:29
Kahled a écrit : jeu. 13 août 2026 15:38
C’est sans aucun doute le film le plus pédagogique de l’auteur, son plus didactique aussi,
Un tout petit peu trop quand même :langue:
C’est pour la bonne cause ! :D
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len'
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sokol a écrit : mer. 12 août 2026 15:51 Car je me demande si, à propos de ce dernier, comme le dit Critikat, je les cite, « on aurait encore préféré un péplum un peu daté façon "Troie" de Wolfgang Petersen » (en bon godardien incorrigible, je fonctionne par association, qui est une démarche dialectique. Même si, là, je pars d’une hypothèse, puisque je n’ai pas vu Spider-Man).
J’ai entendu quelqu’un dire que l’Odyssée lui a donné envie de revoir Troie qu’il a beaucoup aimé alors qu’il avait trouvé ça moyen à l’époque. Il a surtout parlé de décors plus touffus, plus jolis, donc je ne sais pas si on peut vraiment le prendre au sérieux (il n’aime pas Villeneuve pour les mêmes raisons, décors trop minimalistes à son goût). Cela dit, moi aussi j’ai de plus en plus tendance à réhabiliter des films des années 80-90 que je ne trouvais pas fameux et qui finalement, en comparaison…

Mais ça finit par m’inquiéter ce côté nostalgique que je ressens aussi. J’entends ce discours partout, et ça se voit partout sur les étagères des magasins avec les mêmes coffrets de vieux films qui ressortent tous les ans (et tous les autres trucs rétro qui vont avec). Surtout que certains ont de plus en plus souvent un discours réac qui se greffe à ça qui n’a plus rien de bon enfant.

Le problème aussi, c’est que la « période dorée » qui ressort régulièrement sur internet c’est surtout celle des années 90-début 2000 avec majoritairement des films américains. On ne fera pas les étonnés, mais bon, ça devient lassant. Des influenceurs prétendent tout connaître en cinéma mais focalisent en réalité uniquement sur cette période parce qu’ils n’ont connu que ces films quand ils étaient enfants. Si seulement tous les gros influenceurs cinéma sortaient de leur zone de confort et s’intéressaient aux cinéastes de la Nouvelle Vague ou au cinéma italien des années 60, ce serait déjà un sacré progrès dans la nostalgie. On peut toujours rêver.

C’est pour ça que j’étais content de voir une star et influenceuse comme Charli XCX sur un grand plateau tv citer Rivette, même si on a toujours l’impression que c’est devenu quelque chose de super-intellectuel de citer Rivette, alors que non, c’est juste naturel. Il faut être plus intellectuel selon moi pour apprécier Bienvenue chez les ch’tis et les Marvel parce qu’ils nécessitent un bagage beaucoup plus important en matière de codes culturels, de langage, etc. Je me dis, un extra-terrestre qui débarque et qui ne connaît rien à la Terre, j’ai bon espoir qu’il ne s’oriente pas vers Bienvenue chez les ch’tis ou spider-man en premier.
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groil_groil
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Je pense que dans 2000 ans (ou moins), si tu veux montrer un film qui serait le cas typique du film d'action américain des 80"s, eh bien tu pourras choisir celui-ci. C'est vraiment un cas d'école. Et c'est plutôt bien fait, Tony Scott va vite, mais il est encore en début de carrière, donc son cinéma reste lisible, on a le temps de voir chaque plan. D'ailleurs il a tellement privilégié l'action sur ce second volet que j'ai lu qu'on lui avait demandé de tourner a posteriori des scènes d'humour, de gag, pour les réinsérer dans le film au montage, tant elles manquaient.

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Inspiré des souvenirs de la jeune réalisatrice (son second film, je crois), L'Académie narre une première année de Beaux-Arts à l'Académie de Munich - ville que j'ai eu du plaisir à retrouver quelques jours après l'avoir visiter. Ce n'est pas un grand film de cinéma, la mise en scène est justement très scolaire, mais j'ai passé un bon moment, notamment pour tout ce qu'elle a pu y vivre d'édifiant.

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Une adolescente est contrainte par ses parents d'être toujours en fuite, ou à défaut sur le qui-vive, suite à un passé des parents lié à des activités terroristes. La gamine prenant vraiment conscience de la difficulté de la situation lorsqu'elle tombe amoureuse d'un garçon. Premier film de Christian Perzold, Contrôle d'identité est un film plutôt réussi, notamment dans sa première partie, présentant cette famille en fuite de manière permanente, sans qu'on ne comprenne alors pourquoi, et ne sachant plus au bout d'un moment si le danger est réel ou fantasmé. Le film rentre un peu plus dans le rang dans sa seconde partie mais reste recommandable.

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Revu avec les enfants, cette très réussie adaptation de Gaston Leroux par le plus tintinophile des cinéastes, transformant son Rouletabille en petit Tintin et rajoutant au roman beaucoup de liberté et surtout d'humour, tout en restant fidèle à l'esprit. Du cinéma classique mais mutin, et jamais vieux.
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sokol a écrit : jeu. 13 août 2026 22:45
Kahled a écrit : jeu. 13 août 2026 15:38 le film lorgnant un peu vers ce que Chris Marker appelait le dépays, espace autant mental que géographique dans lequel les rapports entre les deux personnages vont pleinement et intimement se déployer et redessiner un imaginaire d’une profonde vivacité,
Alors, justement là, j’étais un peu déçu, car, comme je savais que Virginie Efira parlait japonais dans le film, je croyais que cela ne s’expliquait pas forcément scénaristiquement (or, on apprend qu’elle avait fait des études de japonais, etc., etc.), mais que c’était un « caprice » cinématographique, un peu comme dans un film des Straub, où l’on parle avec un accent pas possible, ou chez Godard, ou je ne sais trop. Il doit y avoir d’autres exemples, mais ils ne me viennent pas à l’esprit (quel est ce film où, d’un coup, un ou plusieurs personnages se mettent à parler une autre langue ? :??: ).
Je m’attendais plutôt à ce genre de folie.

Mais ça va, le film n’est pas romanesque pour autant, pas du tout même.

@B-Lyndon puisque tu as vu le film : qu’est ce que t’en penses ?

Sur le japonais d'Efira ? Il me semble (j'ai vu le film en juin) qu'elle se met à parler comme si de rien n'était, dans la scène où elles sillonnent Paris depuis Bercy non ? (Soit dit en passant, ça vaut ce que ça vaut d'un point de vue cinématographique, mais j'habite à Paris depuis 8 ans et je n'ai jamais vu la ville filmée comme ça, avec une telle fantaisie et en même temps une telle vérité, de ce point de vue là le film est magnifiquement rivettien).

Parce qu'après il y a une justification scénaristique, oui, mais la première fois, la surprise et le plaisir est total. Et qu'il y ait oui ou non une justification scénaristique, ça ne change rien pour moi. De plus, la langue chez les Straub n'a rien d'un caprice, puisqu'ils cherchent avant tout à représenter "l'ancrage" sous toutes ses formes. Soudain est un anti-Staub : il cherche l'air, la légereté, la porosité des idées, des cultures, des systèmes.

Je rejoins tes réserves sur le chapitrage qui pour moi corsète un peu trop le film, joue trop à lui donner un cadre ordinaire alors qu'il n'a rien d'ordinaire. Mais à part ça, je suis assez fou du film. Sa gentillesse radicale et politique, comme sa façon de filmer Paris, je n'ai pas vu ça ailleurs.

Et un mot sur les acteurs et actrices du film : :love2:
« j’aurais voulu t’offrir cent mille cigarettes blondes, douze robes des grands couturiers, l’appartement de la rue de Seine, une automobile, la petite maison de la forêt de Compiègne, celle de Belle-Isle et un petit bouquet à quatre sous »
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J'appellerais ça un nanar de luxe. Parce que du pognon il y en a dedans, et tu le vois. Mais purée, quel nanar. Le film ne te raconte rien, et n'a comme seul but que de tenter de te faire revivre la soit disant nostalgie des années 80 (au secours, stop, on en a marre !) des deux auteurs en racontant l'histoire d'une famille (sans doute inspirée d'un mélange de leurs souvenirs personnels mais on s'en fout, ce n'est qu'un enchainement de poncifs), et d'un jeune héros qui découvre l'amour. Mais purée, La Boum c'est du Antonioni a côté de ce nanar fat et prétentieux au possible. Ce film qui est donc se dérouler au milieu de 80's n'est pourtant que le reflet exact de 2026 : c'est à dire que jamais, malgré les efforts faits, indéniables, dans les costumes et décors, jamais, donc, tu ne peux croire que ce film se déroule dans les 80's, tout y est neuf, propre, lissé, c'est une version des 80's fantasmée depuis 2026 qui n'en a conservé que le vernis largement ripoliné depuis (sans parler des anachronismes assez flagrants). Mais pire encore, le film passe ses deux longues heures à enfiler, sans ne jamais rien proposer d'autres, des références visuelles aux 80's. Et là, courage, tout y passe, les marques, les références, les films, les chansons, les jeux vidéos, les émissions TV, pendant deux heures ! Jusqu'à l'écœurement, jusqu'au vomissement ! T'as vraiment l'impression que les deux guignols ont leur grilles de loto sous les yeux et qu'ils cochent les cases l'une après l'autre : ça on l'a mis, ok, ça aussi, ça aussi. C'est absolument insupportable à regarder (j'avais vu avec beaucoup de difficulté la saison 1 de l'abominable série régressive Stranger Things et c'était exactement la même chose), on ne nous donne à voir qu'un empilement de marques, de références clin d'oeil, et c'est une fois de plus ce que j'appelle du cinéma-marketing. Le marketing a depuis des décennies pris la main sur de nombreuses disciplines artistiques, mais il intègre maintenant directement le coeur des oeuvres comme ici. Tu veux un film 80's, alors on va te donner le package de références à y intégrer et ce sera parfait. Ce serait généré par l'IA qu'on aurait exactement, à la virgule près, le même résultat. Mais la vie là dedans ? Elle est absente, totalement. Morte et enterrée. Pas une respiration ne se fait entendre dans ce film. Même la bande son est insupportable. Et pourtant on y entend, parmi d'autres, The Cure ou Joy Division, mais il y a de la musique tout le temps, chaque scénette est illustrée par un tube de l'époque, pour bien pousser tous les marqueurs au maximum au cas ou ce ne se soit pas déjà suffisant (d'ailleurs le frère du héros tient un vinyle - pirate - de Joy Division qui n'était pas sorti à l'époque où c'est sensé se dérouler, c'est drôle cette méconnaissance totale, et ça prouve bien que le seul truc qui les intéresse c'est la "marque" Joy Division.), et crée de fait une bouillie sonore de l'époque qui devient vite insupportable de saturation. L'un des pires films du duo (qui n'en a pas réussi beaucoup d'ailleurs).

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Hitchcock pour les nuls par Rémi Bezançon. Le cinéaste crée deux personnages, un écrivain à l'eau de rose et une prof de cinéma spécialiste d'Hitchcock et leur fait revivre à la lettre le scénario de Fenêtre sur Cour avec un voisin d'en face qu'ils suspectent d'avoir tué sa femme. Ils vont mener leur enquête, en la calquant sur celle de Rear Window, tout en reconsolidant leur couple qui battait de l'aile. Sur le papier ça peut paraitre prétentieux, Bezançon qui se compare à Hitchcock tout ça, mais le film ne dit pas ça. Certes ce n'est pas très bien mis en scène et tout est un peu téléphoné, mais le truc est fait, je pense, avec sincérité, plus dans un désir de vouloir parler d'un cinéaste qu'il aime à un grand public qui ne le connait malheureusement peut-être plus (alors qu'il n'y pas si longtemps, une bonne dizaine des hits du Hitch passaient tout le temps en prime time, c'est ainsi que vous et moi les avons découverts). Je vois donc évidemment un hommage, et surtout une tentative de vulgarisation pour peut-être donner envie aux spectateurs d'aller découvrir Hitchcock. Le film est sauvé par son humour permanent, qui rajoute beaucoup de légèreté nécessaire (même quand ce n'est pas drôle) et par le fait qu'Hitchcock et Rear Window soient cités en permanence, le film ne se mettant donc pas au niveau du Hitchcock mais sous sa dépendance totale, ce qui lui donne une humilité indispensable. Sinon dans les trucs relous, nous vivons les scènes du roman (de cape et d'épée) qu'écrit le héros (un peu à l'instar de Belmondo / Bob Sinclair dans Le Magnifique) et c'est totalement inutile et relou (je pense que ça permet surtout au film d'atteindre une durée nécessaire de long-métrage), Casta a parfois du mal à parler tellement elle est botoxée, et puis il y a quelques réflexions sexuelles inutiles qui empêchent au film d'être un vrai grand divertissement familial (heureusement assez peu et pas bien méchantes mais quand même), je le sais je l'ai vu avec mes mômes et j'ai été obligé de tousser à ces moments-là :D , et d'ailleurs ils ont plutôt bien aimé le film, c'est dire qu'il est destiné à un public néophyte. On verra si ça leur donne envie de se replonger dans Hitchcock.
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B-Lyndon a écrit : sam. 15 août 2026 11:35
Sur le japonais d'Efira ? Il me semble (j'ai vu le film en juin) qu'elle se met à parler comme si de rien n'était, dans la scène où elles sillonnent Paris depuis Bercy non ?

Oui, mais son interlocutrice lui demande tout de suite pourquoi elle parle japonais, et Efira explique qu’elle a fait des études de japonais, etc etc.

B-Lyndon a écrit : sam. 15 août 2026 11:35je n'ai jamais vu la ville filmée comme ça, avec une telle fantaisie et en même temps une telle vérité, de ce point de vue là le film est magnifiquement rivettien)
T'es pas le seul. les Cahiers pensent que la scène du jeune autiste qui court derrière le tram "comme un fou" est de loin la plus belle scène de 2026.
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Deux marginaux (qui le sont pour des raisons différentes), se rencontrent par hasard et vont s'aider à vivre l'un l'autre. Le film débute comme une comédie, plus ou moins réussie, souvent moins, et puis petit à petit le film bifurque vers ce qu'on appelait dans les années 70 la comédie dramatique et c'est là qu'il trouve le ton qui lui convient, son équilibre, et qu'il parvient à s'épanouir. Petit film, au rythme qui dénote étrangement des productions françaises de cet acabit, mais joli petit film, notamment grâce aux performances de Kiberlain et Lottin qui excellent.
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Bush Mama - Haile Gerima - 1979 (mais réalisé en 1975, semble-t-il)

Soudainement durant le film disparait l'un des personnages principaux. Nous ne comprendrons qu'ultérieurement que ce père de famille, vétéran du Vietnam, a été mis en prison. Un peu plus tard encore qu'il s'agit d'une erreur policière et d'une condamnation à tort. Par ces informations nous arrivant de façon éparse, nous sommes plongés dans la même stupeur, la même incompréhension, que les personnages du film. Bush Mama est ainsi un film profondément inscrit dans le milieu où il se déroule, celui des banlieues prolétaires noires de Los Angeles, et tente d'y impliquer ses spectateurs de façon physique et mentale. La mise en scène alterne entre cinéma vérité, approche quasi-documentaire et agit-prop, décrivant depuis l'intérieur le racisme structurel des Etats-Unis des années 60. Les révoltes de Watts, qui hantent le film, ne sont alors pas si lointaines mais rien ne semble avoir changé. 60 ans plus tard, de Michael Brown à George Floyd, non plus. Preuve, si il en fallait une, à quel point ce film reste d'une importance capitale, dans ce qu'il décrit et la façon dont il le fait. Si nous suivons essentiellement le quotidien d'une jeune mère au chômage, tiraillée entre sa vie professionnelle et intime, entre sa famille et ses amis, entre les injonctions sociales et la difficulté à s'y conformer, se dessine en creux sa prise de conscience politique de son identité et son statut social. Dans l'une des dernières scènes, le personnage principal fini par retirer la perruque aux cheveux lisses qu'elle portait tout au long du film, révélant soudain sa chevelure crépue (la "bush" - mama ?). Des faux cheveux aux masques il n'y a qu'un pas et il à y fort à parier que la récente traduction en anglais de "Peau Noire, Masques Blancs" de Fannon ait pu influencer le réalisateur. J'ai longtemps cru que l'incroyable "La récolte de 3000 ans" était le premier film de Haile Gerima, mais je me trompais. Avant de repartir sur ses terres natales, où il mélangera politique et réalisme-magique, Gerima a réalisé quelques autres films, dont celui-ci (considéré comme son film de fin d'étude). Fin observateur du pays ou il est venu étudier le cinéma, son acuité, sa virulence politique et son adresse cinématographique en feront immédiatement un réalisateur remarquable, qualité qu'il continuera de développer tout au long de sa carrière. A près de 80 ans, son manque de renommé ne semble qu'une injustice supplémentaire.
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Le "monde perdu", oui, mais lequel ? La problématique initiale du film semble s'inverser quand, coincé sur "le plateau préhistorique", notre troupe d'aventuriers réalise que le monde "perdu" est désormais le leur, l'inatteignable Londres de 1920. Cette idée d'un renversement, d'une approche "en miroir" semble se prolonger lorsque, dans le dernière partie du film, c'est finalement un dinosaure gigantesque qui s'échappe et sème le chaos dans les rues de la capitale anglaise.

Tout ceci quelques secondes avant que "le héros" recroise son amoureuse qui, au début du film, lui avait demandé de lui prouver son amour par une action héroïque. Mais que nenni : pendant qu'il était au loin à braver les t-rex, celle-ci préfèrera se mettre en couple avec un vulgaire comptable... Il n''y avait donc rien à prouver, à penser, ou à conceptualiser dans ce film qui ne fait reposer in-fine son déroulement que sur un prétexte fallacieux, un truc scénaristique bateau permettant d'en mettre plein les mirettes au spectateur qui ne demandait rien d'autre.

En ceci "Le monde perdu" n'est peut-être pas si éloigné de nous par la simplicité de sa mise en application, sorte de proto-film d'un certain cinéma hollywoodien dont le but premier est de débiter un maximum de spectacle sans justification autre que la pure jouissance du spectacle lui-même : ici montrer un maximum de dinosaure, dont l'animation image par image est devenu néanmoins charmante. Je tiens Inception pour l'aboutissement ultime de cette sorte de cinéma, Nolan réussissant à faire tenir une explosion dans une explosion dans une explosion, emmailloté dans un vague discours fumeux. Un certain rapport au monde et à l'art qui n'est peut-être donc pas si perdu un siècle plus tard.
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Si il fallait classifier les réalisateurs entre "intérieur" et "extérieur", Duras appartiendrait peut-être plutôt à la première catégorie. Pourtant dans Détruire dit-elle, l'extérieur occupe une place importante, à un détail près : il est clos. Le grand jardin, qui entoure la maison où se déroule le film est bordé d'une épaisse végétation qu'on croirait infranchissable, et quand les personnages reviennent de promenade ils disent ne pas avoir trouvé le village voisin. Le "détruire" du titre semble ainsi concerner "le contexte", "le cadre" de l’œuvre et donc le monde. Mais chez Duras cette disparition n'aboutit par à une émancipation, au contraire, il souligne une difficulté à dire, à être, dans une forme de repli nihiliste.

Bien qu'absent, cet extérieur parasite sans cesse l'intérieur, constamment habité de chants d'oiseaux ou de bruits de tennis dont nous ne verrons jamais un seul joueur (l'idée viendrait-elle du Blow Up d'Antonioni paru 2 ans plus tôt ? ). Détruire dit-elle ressemble à s'y méprendre à un film de hantise dont les personnages fantômes errent dans une grande demeure (qu'on nous dit hôtel mais qui pourrait tout aussi bien être un hospice ou un asile) comme en quête d'eux-même et de raisons d'être. Si Michael Lonsdale semble tout d'abord incarner le rôle du narrateur/de l'auteur, cette position glisse progressivement de l'un à l'autre, se questionnant réciproquement sans cesse comme pour mieux découvrir leurs caractères et semblant construire peu à peu leurs existences tant pour les spectateurs que pour eux-même. Si chez Pirandello nous avions "6 personnages en quêtes d'auteur", peut-être avons nous ici "4 personnages en quête d'autres personnages".

Ici la grande maison -et donc l’œuvre- fini par ressembler à un piège dans lequel s'englue peu à peu les personnages. Le mari lui-même, venant chercher sa femme à la fin du film, parait telle une mouche prise dans une toile invisible, où chaque question l’empêtre un peu plus. La musique finale, tonitruante et grave, semble annoncer un évènement imminent, mais de quelle nature : la destruction totale de ce que nous avons vu jusqu'alors ou le surgissement du monde ? Duras ne laisse aucune piste de réponse et c'est peut-être en ceci que Détruire dit-elle est son film se rapprochant le plus du Nouveau Roman, à la fois réflexion cryptique sur son propre médium et désir de formes radicalement neuves, plus à l'aise dans l'abstraction ex-nihilo que l’enchâssement politique et les compromis. Toute une époque...
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Black is, black ain't - Marlon Riggs - 1994

La question de l'identité de la population afro-américaine aura constitué le fil principal de l’œuvre de Marlon Riggs. Si il s'était jusqu'alors intéressé à des angles très précis (tel que "la représentation de la population noire dans les médias" ou "les homme homosexuels durant l'épidémie de VIH"), sa dernière création embrasse la question plus largement. Plus qu'une simple célébration de la population afro-descendante, Riggs pointe son immense diversité ainsi que les problèmes sous-jacent qu'elle doit affronter pour s'émanciper : patriarcat, homophobie, folkorisation, lutte des classes....L'inclusion de l'auteur au sein de son propre film, alors que nous le découvrons alité affaiblit par le VIH et qu'il décède durant la production, donne à Black Is Black Aint un portée testamentaire tournée vers un avenir que l'on ne peut qu'espérer meilleur, plus riche et plus ouvert. Le nombre de question brassées en seulement 1h30 -et la qualité des interventions- est sidérant, et le film réussit à rester lisible sans renoncer à la complexité de son propos. L'ambition est telle que l’œuvre ne manquera pas de provoquer la réflexion non seulement auprès de ceux à qui le film s'adresse en premier lieu, mais également à toute personne désireuse de voir naitre une société plus progressiste.
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Déjà la 3ème fois que je le vois, et ce n'est pas fini puisque c'est officiellement devenu le film préféré de mon fils. Mais aucun souci à la revoyure, car c'est toujours aussi drôle.

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J'ai revu le film le mois dernier, avec beaucoup de plaisir, afin de savoir s'il était montrable à mes enfants. La réponse étant oui, bis repetita, les enfants ont eu l'air de trouver ça correct, mais sans plus, je crois qu'ils se sont poliment emmerdés sans oser le dire.

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Sans doute le moins bon de la trilogie mais comme c'est réalisé par Landis, c'est tout de même plein de charme. On sent parfois qu'il aimerait faire de ce film un nouveau Blues Brothers.

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Découvert gamin en louant la K7 au vidéoclub, choc absolu, revu plein de fois depuis et encore une fois hier soir, ce film est classique absolu du genre, ou plutôt, le plus classique des anticlassiques, ce film est au film de zombies ce que le western spaghetti est au western, il est ce qu'est le punk est à la musique rock, et le revoir en 2026 est toujours aussi percutant et dérangeant, et confirme que rien n'égalera jamais les effets spéciaux bricolés et faits à la main.

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La première bonne nouvelle avec ce film est que David Robert Mitchell a réussi à refaire un film après l'échec commercial d'Under the Silver Lake, qui est pourtant un immense film et son chef-d'oeuvre, mais qui avait compromis la suite de sa carrière. Celle-ci rentre dans le rang ici, avec un film beaucoup plus sage, produit par JJ Abrams, mais un film personnel tout de même que DRM écrit pour faire le deuil de son père décédé en 2024, relecture Spielbergienne de A à Z. Le film est donc un mix de ET + Rencontres du 3ème Type + Jurassic Park. C'est un bel hommage aux 80's mais on commence à en avoir trop vus dans le genre, et le souci du film c'est qu'il ne propose pas grand chose d'autre que cet hommage assumé au maitre Spielberg. Alors oui il y a Anne Hathaway et rien que pour elle ça vaut le déplacement, oui c'est superbement mis en scène mais on attend de ce cinéaste, certes maniériste au possible, autre chose que du divertissement pur. Il y a bien un sous-texte, comme dans le magnifique Super 8 signé de son producteur JJ Abrams, et c'est ce qu'il y a de plus intéressant dans le film, c'est la question du deuil. Au fond, le film ne raconte que ça, la violence de la séparation d''avec un mari / avec un père, au moment de sa mort. Et c'est assez beau, surtout quand on apprend au générique final que le cinéaste a fait le film pour son père. Alors on se serait bien passé du final happy end qui pour le coup rejoue Retour vers le Futur, franchement... on sent presque qu'il a été imposé et il fout un peu le projet en l'air, il me restera néanmoins cette insondable douleur de la perte du père comme élément le plus fort de ce 4ème film de Mitchell en attendant avec impatience la suite de cette originale et excitante carrière.

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C'est une famille de catholiques conservateurs. Il est roumain, elle norvégienne. Ils ont 5 enfants, dont un nourrisson. Ils décident de s'installer en Norvège alors qu'ils ont toujours vécu en Roumanie. Elle travaille dans un crématorium, lui dans un lycée, en tant que responsable informatique, il est surdiplômé pour le poste, mais il parle mal le Norvégien et il faut bien trouver un job. Les deux grands enfants, ados, fréquentent le lycée. A la suite d'un malentendu, les parents vont être accusés par l'Aide aux Familles du lycée de maltraitances envers leurs enfants, et, en attente de l'enquête, qui peut durer des plombes, vont se voir retirer d'un coup la garde de leurs enfants, y compris le nourrisson que sa mère allaite pourtant. Alors qu'ils sont innocents. Le père reconnait bien vieille fessée, mais c'est dans la tradition roumaine, et celle-ci est suffisante pour déclencher une avalanche (très belle métaphore utilisée deux fois dans le film) détruisant littéralement leur famille. Mungiu nous parle ici des différences de cultures, des différences de religion et semble pointer du doigt les conséquences de la mondialisation à outrance. Tout le monde ne peut pas vivre n'importe où sans payer le prix de se confronter à une culture qui n'est pas la sienne. Son film n'est pas réac pour autant, ni même conservateurs, car si ses héros le sont (ils ne sont pas piqués des vers d'ailleurs), le film n'épouse pas leur point de vue a priori. C'est un film passionnant qui déroule sa logique implacable de la théorie du grain de sable, jusqu'à l'avalanche justement. Les lois norvégiennes protègent à outrance le droit des enfants, c'est très bien, sont contre tout signe religieux apparent, c'est très bien aussi, mais ces deux positions poussées à outrance et mises en oeuvre par des personnes aussi bornées que celles qu'elles ont en face peuvent provoquer des catastrophes irrémédiables. Mungiu filme tout cela avec calme, mais on sent la force qui rugit intérieurement, et il parvient à réaliser un film maitrisé certes, mais absolument bouleversant, et d'une grande beauté. Un peu dans le même esprit que le dernier Nuri Bilge Ceylan en date, Les Herbes Sèches, qui mettait en scène un professeur accusé à tort d'attouchements sur une jeune élève, Mungiu redéfinie les contours de la société contemporaine en en pointant les dangers générés par ceux qui sont censés protéger. Chef-d'oeuvre.

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Beaucoup moins attachant que le premier volet, notamment car le film privilégie quasi uniquement l'action, cela reste néanmoins un bon divertissement de genre.
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sokol
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groil_groil a écrit : lun. 24 août 2026 00:56
Un peu dans le même esprit que le dernier Nuri Bilge Ceylan en date, Les Herbes Sèches, qui mettait en scène un professeur accusé à tort d'attouchements sur une jeune élève,
Sauf que Ceylan utilise cette histoire moins pour parler d’une accusation injuste que pour aller ailleurs (poser la question bien plus dérangeante : peut-on être innocent d’une faute précise tout en étant coupable dans sa manière d’exercer son pouvoir et de considérer les autres ?)
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sokol a écrit : lun. 24 août 2026 01:23
groil_groil a écrit : lun. 24 août 2026 00:56
Un peu dans le même esprit que le dernier Nuri Bilge Ceylan en date, Les Herbes Sèches, qui mettait en scène un professeur accusé à tort d'attouchements sur une jeune élève,
Sauf que Ceylan utilise cette histoire moins pour parler d’une accusation injuste que pour aller ailleurs (poser la question bien plus dérangeante : peut-on être innocent d’une faute précise tout en étant coupable dans sa manière d’exercer son pouvoir et de considérer les autres ?)
Tu as vu Fjord ? Car Mungiu pose la même question, je trouve.
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sokol a écrit : lun. 24 août 2026 01:23
groil_groil a écrit : lun. 24 août 2026 00:56
Un peu dans le même esprit que le dernier Nuri Bilge Ceylan en date, Les Herbes Sèches, qui mettait en scène un professeur accusé à tort d'attouchements sur une jeune élève,
Sauf que Ceylan utilise cette histoire moins pour parler d’une accusation injuste que pour aller ailleurs (poser la question bien plus dérangeante : peut-on être innocent d’une faute précise tout en étant coupable dans sa manière d’exercer son pouvoir et de considérer les autres ?)
Tout le talent de Mungiu se résume là : tu souhaites ardemment, le bide vrillé, que ces parents puissent retrouver la garde de leurs gosses, tout en sachant parfaitement que ce sont des connards qui les éduquent mal. Je trouve que la grande réussite du film réside précisément là.
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Un jeune homme est embauché comme l'assistant personnel d'une déesse de l'art contemporain, nymphomane totale qui en fait son objet sexuel jusqu'à l'extrême. Totalement envouté par cette femme, le jeune homme va tout perdre... Quelle joie de retrouver l'un des héros de notre génération, Gregg Araki, au top de sa forme, qui n'avait pas fait de film depuis 12 ans et son magnifique White Bird. J'y allais un peu plus par fidélité qu'autre chose, mais j'ai eu la joie de découvrir un très grand film, hilarant, provoquant, osé, borderline, bref, tout ce qu'on aime chez ce cinéaste de coeur qui n'a rien perdu de sa verve et de son mordant avec le temps. Je dirais même que ce film est un Araki Total parce qu'il a l'avantage de rassembler en un film les deux versants de sa carrière, à la fois le côté PornoPop délirant (Doom Generation / Kaboom...) et le versant mélodrame (Mysterious Skin / Kaboom) , tout en gardant une cohérence d'ensemble totalement réjouissante. Les acteurs sont exceptionnels, Olivia Wilde, quel bonheur, Cooper Hoffmann vraiment parfait en sorte de reboot de James Spader façon Shoegaze avec t-shirt de Sonic Youth, quelle joie aussi de retrouver de nouveau Charlie XCX décidemment aussi douée en actrice qu'en musicienne; et la musique est comme toujours chez Araki absolument parfaite, on y entend Nation Of Language, Slowdive (une grande histoire d'amour avec le cinéaste), The Radio Dept., Boy Harsher et tant d'autres. D'ailleurs le conseiller musical du film n'est autre que Bruce Gilbert, de Wire, himself, la classe atomique. Et ce qui me plait le plus dans le film c'est que ce soit une relecture croisée de Sunset Boulevard et de 9 semaines et demi. C'est clairement, franchement affiché, revendiqué par Araki, et il joue avec ces références comme un musicien, s'amusant et nous avec dans cette grande et réjouissante réussite.


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Au sortir de La Fin d'Oak Street, j'ai réalisé que je n'avais jamais vu le premier David Robert Mitchell, alors que je croyais que si. Erreur réparée donc, et c'est déjà un film très beau, très abouti pour un premier long métrage, un teen movie mélancholique assez bouleversant narrant plusieurs soirées pyjamas (sleepover en anglais) croisées, plusieurs histoires d'amour ou tentatives histoires d'amour, prétextes à analyser en profondeur la complexité de ce que c'est que d'être adolescent. Le film est déjà bourré de références, plus discrètes que dans ses trois autres films qui suivent, mais toutes ultra visibles, allant même jusqu'à citer Godard en reproduisant une séquence de Bande à Part, et on sent déjà que DRM se nourrit du cinéma des autres pour créer le sien, question de génération, mais comme il a beaucoup de talent, cela ne nuit en rien au développement de sa personnalité. Ce que j'ai aimé par dessus tout, ce sont ses personnages, il y en a beaucoup, on sent qu'il les aime, et ils sont super bien écrits, construits, avec beaucoup de finesse et d'épaisseurs. Il y en a d'ailleurs presque trop, non pas qu'on s'y perde, la narration est toujours très claire, mais on aurait aimé passer plus de temps avec un tel ou un tel, creuser d'avantage telle ou telle intrigue. Magnifique coup d'essai donc, le cinéaste enchainera de suite avec It Follows, superbe relecture du cinéma de Carpenter qui le fera connaitre du monde entier.


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J'adore ce film de Zombies rital réalisé par Mattei sous pseudo, l'un des premiers que j'ai loué en video club ado, vu et revu, avec l'Enfer des Zombies de Fulci, évoqué il y a quelques jours, et forcément ça marque. Ce film est génial car il est toujours aux frontières du Z, il est bricolé, je dirais même rafistolé de bout en bout, il a du mal à tenir debout, et c'est précisemment ce qui lui donne son charme, mais aussi car il y a quelques scènes gore vraiment réussi. Ce film est un vrai film de sampling à la sauvage, plein de plans sont empruntés à d'autres films documentaires ou autre, il y a même des plans d'un film de Schroeder dedans, évidemment fait à la sauvage, non déclaré, et ce côté bricoleur / voleur colle parfaitement avec l'esprit et le genre du film de zombies, qui se doit d'être crade et mal branlé. Un vrai classique bis en ce qui me concerne.
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Une directrice d'Ephad parisienne se prend d'une amitié fusionnelle avec une metteur en scène de théâtre japonaise atteinte d'un cancer de stade 4. Ensemble, elle vont notamment travailler sur la théorie d'humanitude, déjà développée de manière quasi expérimentale dans cet Ephad, technique de soins consistant à considérer les patients atteints de troubles cognitifs en leur portant plus d'attention et en les considérant, au lieu de leur apporter des soins de manière automatique sans prendre en compte leurs désirs et besoins. Cette technique, qui existe vraiment, vise à apporter plus d'humanité aux patients en les considérant. 3h20 en Ephad sur le papier, ça ne fait pas rêver, mais Hamaguchi, qui est un cinéaste important, insaisissable, toujours surprenant, et que personnellement je n'attendais pas là, parvient à en faire un film unique, vraiment incroyable, qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu voir (peut-être à quelques envolées métaphysiques de Weerasethakul liées aux soins et hopitaux dans plusieurs de ses films), mais surtout parvenant à créer une nouvelle temporalité, s'extrayant totalement de la notion d'écoulement du temps classique, pour créer une nouvelle respiration, une nouvelle conception de l'écoulement du temps dont l'instrument de mesure n'est plus la seconde, mais devient le plan. Je cite volontairement Tarkovski ici, c'est lui qui disait que le temps dans ses films se mesurait en plans et non en secondes, car Hamaguchi cite clairement Tarkosvki dans son film, lors de la brève séquence se déroulant au Japon, scène primordiale parce qu'elle fait écho à la toute dernière scène du film, que je me garderai bien de spoiler ici, mais qui se déroule sur le même lieu, avec d'autres personnages, et plus particulièrement une scène du Miroir, celle où la mère - du personnage, de Tarkovski, donc, est seule, assise sur une frêle barrière en bois, au milieu de la campagne, de dos, avec son beau chignon blond et regardant le coucher du soleil à l'horizon. Hamaguchi refait exactement la même séquence, cadrages identiques, Efira porte un chignon uniquement dans cette séquence, sauf qu'elle n'est plus seule dans le plan, elle est accompagnée, de son amie, de celle qui va mourir, elle le sait déjà à ce moment du film, sauf qu'elle est en vie à ce moment-là, et c'est justement toute la question du film, c'est redit à la toute fin, tant qu'on n'est pas mort on est en vie, et le film est un vrai combat en l'honneur de la vie. Là où Tarkovski, qui ancre son film dans la question du souvenir, Hamaguchi remet cette scène dans un présent (son amie n'est pas un souvenir, puisqu'elle est à ses côtés, et qu'elle est donc en vie) qui se veut le symbole de l'élan positif et optimiste qui est présent dans tout le film, même quand il y est question de mort. Soudain est un film complètement dingue car il est extrêmement dialogué (le cinéaste a voulu le tourner en France à cause de notre héritage de films très dialogués, citant Rohmer et Eustache) et pourtant ce n'est jamais un film bavard, c'est à chaque fois la mise en scène qui raconte et jamais les dialogues, qui eux, apportent autre chose; c'est un film où apparemment il ne se passe rien, où un simple massage de pieds peut devenir l'action la plus rocambolesque sur une heure de temps, et pourtant c'est un film où tout se joue, où l'on perçoit que le cinéaste est patiemment en train de changer de le monde. Car c'est vraiment de cela qu'il s'agit dans Soudain. Il y a une scène pivot, au plein milieu du film, où la Japonaise Mari explique à la Française, de manière extrêmement théorique, mais passionnante, les fondements du capitalisme, et pourquoi l'être humain persiste dans cette voix alors qu'il sait qu'elle est nocive. Le film prend là un tournant politique (en vrai il l'était déjà) et amène à considérer le monde autrement. Et très modestement, mais avec énormément de force et de rage interne, c'est cela que propose Soudain, considérer le monde autrement, d'une manière qui prendra enfin en compte l'être humain en temps qu'individu.

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Personne n'a entendu crier

3ème film que je découvre d'Eloy de le Iglesia, et c'est encore un film super intéressant, montrant un cinéaste décidemment passionnant. Celui-ci est de 1972, une jeune et belle jeune femme surprend son voisin de palier en train de tuer sa femme. Sauf qu'au lieu de la supprimer également, il la force à devenir sa partenaire de crime et lui demande de l'aider à faire disparaitre le corps. De cette situation de départ découleront l'ensemble des péripéties du film, s'achevant sur un twist (déjà !) pour une fois vraiment intelligent, malin, et poussant à reconsidérer l'ensemble du film. Sur le papier on pourrait presque parler de giallo à l'Espagnole, sauf que je trouve que le film va beaucoup plus loin qu'un giallo (même si j'adore le genre, vous le savez) notamment car son scénario est plus construit, plus poussé, et relève presque d'une construction dramatique hitchcockienne (le film s'ouvre à Londres et l'héroïne passe devant un cinéma qui joue Frenzy, le nom de Hitchcock est bien visible, c'est une confession), dont le corps de la femme morte deviendrait une sorte de MacGuffin. C'est maitrisé de bout en bout et me donne encore plus envie d'explorer les nombreuses facettes de ce cinéaste passionnant.
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cyborg
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Vers le premier tiers du film apparait une scène extraordinaire. Un souvenir matérialise à l'écran l'expulsion d'un groupe de Malien du territoire français. Dans un fourgon de police, un lent panoramique rotatif révèle un groupe d'homme, menotté pour la plupart, abattus mais debout, pleins d'une humanité qu'on tente de leur enlever. Les images sont légèrement ralenties. Les bouches crient, les bouchent chantent mais elles restent inaudibles, un lent jazz triste recouvre l'espace. L'espace d'un instant, le fourgon de police (reconstitué, je ne vois pas comment le plan peut exister autrement) se transforme en cale d'un navire négrier. La mise en scène, la vision, est folle. Ici l'hyper contemporain se télescope à l'histoire du monde et de tout le continent africain. Nous n'avons jamais vu filmé ainsi des corps noirs dans l'histoire du cinéma français, ni peut-être même international. La scène ne dure qu'un instant et pourtant on sent le soin qui y fut apporté. Elle constitue assurément le cœur du flm pour son réalisateur, Med Hondo.

Cette scène est elle même partie prenante du moment à la fois le plus réjouissant et le plus intéressant du film : une longue dérive à travers le Mali où est parti le "héros", à la recherche d'un témoin oculaire qui pourrait le dédouaner des accusations qui l'accablent. Si l'on s'amusera de ce qui ressemble à une relecture de " Profession : Reporter " il est surtout intéressant de voir la façon dont s'agencent les rapports humains et les rapports de pouvoir dans la narration. Ici c'est bien un homme malien, chassé manu-militari d'Europe, dont la parole pourrait sauver la vie d'un homme blanc, vague petit fonctionnaire aéroportuaire. Il y a ici à la fois renversement des forces et des enjeux (Sud/Nord) et reproduction des flux (Nord/Sud), dans une approche qui n'a rien d'anodine quand on connait le réalisateur.

On pourrait d'ailleurs se demander ce qu'il vient faire ici, lui figure si importante d'une "autre histoire du cinéma français", qui impressionne par ses expérimentations formelles et ses choix de sujets toujours engagés. Que vient faire Hondo derrière ce thriller 90s 100% français, entre bavure policière et conspiration en bordure de Roissy-Charles de Gaulle ? Par un manque de moyen évident, par certaines faiblesses scénaristiques, la série B ne semble jamais très loin. Med Hondo se serait-il laissé embarquer dans un projet qui n'est pas pleinement le sien, dans un genre où il n'est pas très à l'aise ? Possible. Et pourtant, par le ton choisi, par certains effets esthétiques, on comprend peu à peu la façon dont l'auteur à réussi à habiter le film et le détourner subtilement d'un genre parfaitement huilé. Si la scène du fourgon en est un exemple, la deuxième partie du film contient aussi sa propre surprise. Une recherche post-visionnage révèlera ainsi qu'un nouveau personnage, flic à l'accent marseillais à couper au couteau, n'est pas acteur (on aurait pu s'en douter) mais Charlie Bauer, grand truand, proche de Mesrine, emprisonné durant 25 ans, aux idées anarcho-révolutionnaires revendiquées. Cette information nous fera alors relire le film, épatant par le courage et le culot qu'il fallait pour faire jouer à une telle personne le rôle du flic intègre et droit dans ses bottes qui va faire la morale à ses collègues, ses indics, au juge et à la presse pour leur dire leurs quatre vérités, leur jeter au visage leur petit égo corrompu, avant de finir, lui comme les autres, dans le bain de son propre sang, flingué par l'apparition soudaine d'une nouvelle sphère de pouvoir. Ici, choix acteurs et choix narratifs, s'imbriquent toujours dans un champ plus grand, qui les submerge.

C'est sans doute ainsi qu'il faut aborder ce film étrange, plein de défauts mais passionnant par ses détails et sa constitution. La "Lumière Noire" du titre n'est donc pas symbolique mais outil-pratique, mode d'examen nécessaire d'un objet filmique qui se révélera peu à peu rempli d’aspérités inattendues. Et qui révèlera si besoin était encore, de l'importance et de la singularité de Med Hondo dans le paysage cinématographique mondial.
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From the notebook of... - Robert Beavers - 1971

Beavers à une vingtaine d'année à peine quand il signe ce qui est assurément l'un des plus beaux films expérimentaux de la veine "structurelle". Entre mode d'emploi et making-of, le film convoque l'architecture et l'histoire des idées, la fabrique des images et la fabrique des formes, fait virevolter les plans et les corps, se superposer les temps et les couleurs. Chaque image est superbe, chaque tressaillement est joueur. Le genre, habituellement plutôt austère, se fait ici poétique et plein de vie, porté par la joie simple de faire, de voir, de montrer. Le plan final, infime regard caméra, d'un homme qui n'est autre que Markopoulos, mentor de Beavers, semble nous dire que "From the notebook of..." serait peut-être avant tout un grand film d'amour, pour un autre homme (peut-être) mais aussi pour son public, que ce regard vient faire exister, et plus encore pour le médium cinéma qui relie tout ces éléments.
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Un film post-apo avec le mec qui survit alors que le monde est dévasté de plus, ou on pourrait presque dire de trop ? Car Ridley Scott, comme souvent, n'invente rien ici, se contente de réciter une petite musique déjà vue 1000 fois de Je Suis une Légende à The Last Of Us, son acteur étant d'ailleurs une copie conforme de Pedro Pascal avec 20 ans, on ne pense qu'à ça pendant tout le film. Donc voilà, ça déroule, on pourrait trouver ça ridicule, mais j'ai pris le parti d'en profiter, Scott étant un vieux faiseur qui a du métier, il sait dérouler sa petite musique et rendre le film visible jusqu'au bout. Ce qu'on pourrait relever d'intéressant dans le film, qui pourtant regorge de poncifs et clichés, c'est qu'il propose une version downtempo du genre, comme si c'était un survival post apo à la sauce country folk.

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Au départ de L'Inconnue, il y a une bande dessinée, Le Cas David Zimmerman, de l'auteur Lucas Harari (qui joue le rôle de Patrice Zimmerman dans le film, père de David, qu'on ne voit qu'en photos mais dont la présence est importante), frère de Arthur, qui est un vrai chef-d'oeuvre, album de l'année pour moi l'an dernier. Arthur avait participé à l'écriture, mais c'est vraiment un projet de Lucas, son frère lui ayant surtout donné des conseils techniques m'avait-il dit, et dès le départ le projet de film était là (je pense que Lucas a plus écrit le scénar de l'album et Arthur celui du film même s'ils cosignent les deux). Même si la trame narrative est la même, le résultat est à l'arrivée pourtant assez différent. Et moins convaincant (même si des choses m'ont plu dans le film). Je pense que le souci du film vient d'un manque de clarté, et j'emploie ce mot pour ces deux sens. Le récit n'est pas aussi clair que dans l'album, on s'y perd, et c'est problématique sur la première partie du film. David se retrouve dans la peau d'Eva, mais Eva n'est pas dans la peau de David, alors où est elle ? Et lorsque David dans la peau d'Eva retrouve la peau de David ce n'est pas Eva qui est dedans mais quelqu'un d'autre. On nous parle de l'entité qui voyagerait en passant d'un corps à l'autre, mais on ne sait rien d'elle, et elle n'arrive que pour jeter un peu plus de confusion. Bref, il y a un moment où le film nous paume (alors que pourtant je connaissais bien l'histoire) et je sais que ce n'est pas volontaire. Heureusement la seconde partie, plus réussie je trouve, gagne en clarté. Dès que Malia entre en scène en fait (et même si son personnage est bizarrement amené), et surtout dès qu'elle entre dans le corps de David. (Petite aparté, le cinéaste Radu Jude est absolument génial dans le rôle du père de Malia). On se retrouve avec une situation beaucoup plus claire en terme de qui est dans le corps de qui et le film trouve enfin l'équilibre qui lui permet d'avancer. Elle donnera lieu à la plus belle scène du film, celle où Malia coincée dans le corps de David, tentera de parler à son père pour le convaincre que c'est elle (malheureusement on découvre alors que cette scène n'est qu'un rêve). L'autre scène magnifique, c'est celle où David cette fois dans le corps d'Eva se rend chez l'ancienne camarade de classe qui serait également sujette à la métempsychose. Il se joue quelque chose de bouleversant dans les non-dits de cette scène. Mais revenons au côté bancal du début, je me suis demandé pourquoi ça ne fonctionnait pas. Et je crois que c'est à cause du changement du point de vue entre la bd et le film. La BD s'appelle Le Cas David Zimmermann, et c'est avec lui qu'on est en permanence. Même quand il est dans le corps d'Eva on est avec David. Le film fait le choix de s'appeler L'Inconnue et donc de mettre en avant le personnage féminin (quand on a la chance d'avoir Léa Seydoux au casting, c'est tentant), mais je crois que c'est cela qui déséquilibre le film. Mais de cette inconnue on ne sait rien (l'enquête sur ses origines allemandes n'est malheureusement pas exploitée), et surtout elle a comme incidence de briser le fil narratif du film, déjà pas facile à suivre vu la complexité de l'ensemble. Mais ça finit par retomber sur ses pattes ensuite, comme expliqué. Le manque de clarté est aussi à entendre au sens visuel. Arthur, et son chef-op qui n'est autre que le troisième frère, Tom, choisissent de faire une photo très sale, ultra granuleuse, vraiment glauque, et les décors choisis sont à l'avenant, les fêtes, les appartements, tous les lieux sont sales et propice certes à un sentiment de malaise bienvenu vu le sujet, mais aussi génèrent un certain dégoût, on ne sent pas bien dans ces lieux (le moment où les deux font l'amour la première fois, mon dieu, c'est d'un glauque). Or, la bande dessinée, et le travail de Lucas en règle générale, est un exemple de ligne claire modernisée, tout est parfaitement lisible, lumineux, harmonieux, et cette clarté, permet de prendre facilement la main du lecteur pour l'emmener dans la complexité et la noirceur de cette histoire sans qu'il ne soit jamais perdu. Ce n'est malheureusement pas le cas du film, qui préfère jouer de la confusion. Bon, malgré ces réserves, certes importantes, j'aime le film tout de même, il est risqué et courageux. Le film divise beaucoup, près de la moitié des spectateurs ont quitté la séance hier soir, se présente comme un film à stars sur le papier mais est un film assez opaque pour le grand public. J'aime les questions qu'il soulève sur la notion de l'identité, sur le corps, sur le regard qu'on porte au corps de l'autre, qui là devient le sien. Une scène forte est celle de David, dans le corps d'Eva, qui doit coucher avec Malia qui est dans son corps à lui, donc coucher avec lui-même, quelle horreur ! Et puis, je finirai là-dessus, le film présente deux performances d'acteurs absolument exceptionnelles, et rien que pour cela il vaut le détour. Schneider, c'est simple, je savais pourtant qu'il avait le rôle principal, mais je ne l'ai pas reconnu. Il a tant maigri, c'est un cadavre ambulant (il déclare en interview qu'il a beaucoup souffert pour arriver à cela), il a un jeu si intériorisé, et le physique du héros de l'album, que j'ai mis plus de 40mn à capter que c'était lui ! Quant à Léa Seydoux, que j'ai décidé d'appeler la patronne tellement c'est une actrice géniale, elle a énormément grossi. ça lui va très bien, elle est magnifique, mais cela m'étonnait de voir une actrice de son niveau prendre autant de poids. J'ai su après qu'elle avait tourné ce film juste après avoir accouché, avec un corps qui était celui au sortir de l'accouchement, et je trouve ça encore plus géniale qu'elle accepte, à son niveau de starification, de se montrer avec ce corps qui relève généralement de l'intime. Mais elle en a rien à foutre, elle assume ! La patronne ! Et donc, de voir ses acteurs si connus, avec des corps si différents, lui plus maigre, elle plus ronde, rajoute encore au sentiment de perte d'identité physique qui est le sujet principal du film. Et cela crée un véritable étourdissement car le concret vient se mêler au théorique, les repères du spectateur sont encore plus éclatés, et là, vraiment, le cinéma agit.
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cyborg
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The Thin Blue Line - Errol Morris - 1988

Pour son troisième film, Morris rouvre une affaire judiciaire, le meurtre d'un policier au Texas, dans lequel l'un des deux coupables a été condamnée à la peine de mort, à tort semblerait-il.

Le réalisateur collecte les paroles face caméra, reconstitue les témoignages, affiche les documents en gros plan, multiplie les versions, amplifie les détails. L'enquête, tout comme le film, ne me passionne guère. Mais il m'intéresse pour deux choses.

Tout d'abord pour le statut singulier qu'il donne de l'idée de preuve et de reconstitution. Ici paroles et souvenirs sont toujours complétés d'un élément visuel composé avec une minutie immense. Ce qui est étrange est que ces images, très léchées et affichées avec une afféterie maniaque, ont fini par troubler mes sens et ma compréhension : leur démultiplication ne m'éclairaient pas, elles m'épuisaient. J'aurais du mal à dire le sens recherché par le réalisateur et ses choix illustratifs. En tout cas le film, bien que documentaire, introduit de la fiction par sa mise en scène et change donc les règles du genre, notre rapport à la construction du réel. Le film a d'ailleurs été markété comme un film policier et non comme un docu. On est quelque part dans un équilibre étrange entre le néo-noir et le docu TV très produit. C'est d'ailleurs sans surprise que The Thin Blue Line est souvent cité comme la recette pour les films d'enquêtes ou de ré-enquêtes qui pullulent jusqu'à nos jours sur les chaines de télévision et autres plateformes de streaming. Sa découverte 40 ans plus tard tend sans doute à le rendre un peu plus banal qu'il n'était alors.

Dans un deuxième temps le film m'interroge car son déroulé permet de faire ressortir "la vérité": , l'un des suspects avoue son crime au réalisateur dans une interview, ce qui conduira à changer les condamnations et libérer l'un des hommes. Ici c'est d'une part l'artiste (le réal) qui devient enquêteur, mais c'est en plus son oeuvre qui devient "une preuve", apte à changer le cours de l'histoire. Pour qui s'intéresse à la performativité des créations artistiques, le point n'est pas négligeable.
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yhi
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Quand je l'avais découvert, j'avais l'impression que c'était, en effet, plus le second point sur l'impact a posteriori du documentaire sur le réel qui a fait que le film est resté dans l'histoire
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