Le Centre de Visionnage : Films et débats

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Tamponn Destartinn
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Enregistré le : ven. 9 oct. 2020 21:11

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Ah oui d'accord, ok !
C'est officiel, les zoomers se sont emparés du cinéma d'horreur, et ça fait un bien fou.
Après Backrooms qui a la gueule qu'il a parce que son auteur a grandi avec internet, voici donc le premier film d'un gars qui a vécu MeToo à l'adolescence. Obsession, c'est déjà cela : un film sur le consentement, là pour démonter sans sourciller le mythe du nice guy timide. On peut pinailler un peu en relevant qu'il y a deux ou trois répliques de trop en seconde partie de film, où l'auteur veut trop être sûr qu'on a compris son intention alors que c'était déjà clair... mais qu'importe : je pense qu'on n'avait pas eu un film d'horreur au sous-texte aussi efficace, engagé et contemporain depuis Get Out de Jordan Peele.
Ce qui me plait surtout dans le film, c'est qu'il est à la fois assez scolaire dans sa mise en scène et son scnéario, et en même temps c'est fait de manière si précis, voire chirurgical, qu'on ne peut pas dire que c'est juste un gamin qui reproduit ce qu'il aime chez ses modèles de cinéma. Un peu comme It Follows, mais je suis pas loin de penser que c'est encore plus impressionnant ici. Rien que sa façon de mettre en scène son incroyable actrice : il lui laisse tout l'espace pour exister et livrer une performance hallucinante, sans non plus s'effacer dans son découpage et montage. Vraiment, le dosage entre effets de mise en scène et place laissée aux acteurs est millimétré. Et en ce qui concerne son anti-héros, l'incel qui s'ignore, du début à la fin son écriture est une masterclass. Ca commence par la mort de son chat : clin d'oeil évident à la théorie de scénario la plus connue ("si vous voulez ériger en héros un personnage, faites lui sauver un chat à la première scène"), mais très bien vue malgré tout : ce n'est pas seulement qu'il n'a pas su le sauver, mais c'est que clairement, alors que ça ne sera jamais relevé, le mec en est responsable de par sa négligence. Tout est déjà dit. Et c'est comme ça tout le temps, jusqu'à la toute fin, qui est à la fois celle qu'on attendait depuis un moment, et même temps il arrive à surprendre avec un dernier détail là aussi ultra précis : le fait qu'il allait se faire vomir, n'assumant pas son suicide, et ce qui l'en empêche infine est le voeux fait par la Nikki possédée... nan, c'est vraiment malin, y a pas à dire.

Bref. J'ai adoré. Un cinéaste est né.
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Narval
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Enregistré le : sam. 24 oct. 2020 01:34

cyborg a écrit : sam. 27 juin 2026 17:11
Si vous êtes de passage ca sera un plaisir de vous voir, et sinon n'hésitez pas à diffuser l'info à votre contacts bruxellois :)

:love5:
Bravo pour l'expo ! Je suis en train de m'installer en Belgique en ce moment mais pas sûr de pouvoir passer sur ces dates !
Bon courage en tout cas.
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sokol
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Tamponn Destartinn a écrit : mer. 1 juil. 2026 11:21 je pense qu'on n'avait pas eu un film d'horreur au sous-texte aussi efficace, engagé et contemporain depuis Get Out de Jordan Peele.
Voilà, perso j'aurais dit qu'Obsession n'a pas la profondeur de Get Out
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
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Tyra
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Enregistré le : jeu. 16 juil. 2020 16:59

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Oui, c'est assez malin, pas trop bête, assez sincère dans ce que ça raconte. Pas dénué d'humour non plus, et ce n'est pas souvent souligné. Pas dénué d'ambiguïté non plus (le mec n'est pas le sale type intégral que tout le monde décrit) avec cette scène où il s'assure du consentement sexuel de sa copine après l'avoir envouté :D . Et puis, chose assez rare dans ce genre de production, la fin est étonnement réussie, et retombe parfaitement sur ses pieds. C'est l'avantage lorsque, au lieu de tomber dans la surenchère comme souvent dans les films d'épouvante, ici on resserre sur le drame qui se joue jusqu'à la fin.
Par contre, je trouve la facture formelle et la mise en scène du film très pauvre, c'est le gros défaut du film et ça me laisse clairement sur ma faim.
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Tyra
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Enregistré le : jeu. 16 juil. 2020 16:59

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Je marche encore une fois, que voulez vous. Il faut prendre Dupieux pour ce qu'il est, un auteur de comédie, qui faire rire, ou ne pas rire. Et moi qui suis difficile et rie peu devant les comédies (françaises notamment), ici je m'amuse constamment.
Dupieux est un bon dialoguiste, on ne le dit pas assez. L'utilisation d'avatars numériques, dépersonnalisant le visage des acteurs, pour mieux mettre la voix en relief, leur donne contre toute attente un supplément d'âme (Chabat et Cohen sont aussi d'excellents diseurs de répliques).
On retrouve évidemment la patte habituelle de Dupieux, cette façon d'aborder l'étrange à travers les yeux d'idiots, désamorçant constamment le potentiel fantastique et métaphysique de leurs découvertes.
Et puis ce sens de l'absurde. Absurde des situations, mais aussi de l'intrigue générale : les personnages qui partent sur la piste d'un monde de l'autre coté du miroir... qui est aussi diététiquement le fruit de la simulation... pas d'échappatoire, pas d'arrière monde. J'ai vu certains critique y voir une attaque contre la croyance, contre le cinéma en tant que tel, bon... Apparemment on a plus le droit d'être matérialiste en 2026...
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