The Cellar, film d'horreur écrit et réalisé par Brendan MULDONEY (Irlande-Belgique-USA, 2022), avec Elisha CUTHBERT, Eoin MACKEN, Abby FITZ, Dylan FITZMAURICE BRADY, Tara LEE, Michael-David McKERNAN, Andrew BENNETT, Aaron MONAGHAN...
À la recherche d'une nouvelle demeure en Irlande, Keira et Brian Woods tombent sur une offre qu'on ne peut refuser, un vaste manoir somptueux entièrement meublé dans la banlieue de la ville pour un prix modique, qu'ils s'empressent d'acheter puis d'emménager en son sein. Alors que leur fille adolescente Ellie et son frère cadet Steven se promènent dans les chambres froides de leur nouvelle maison étrangement vacante, un intrigant gramophone à remontage dans le salon attire soudainement leur attention. Laissant deviner la présence d'autres trésors cachés à la vue de tous, prêts à être découverts par les nouveaux occupants. Mais la maison de leurs rêves va alors tourner au cauchemar, lorsque Ellie disparaît dans la cave...
Ce récit, tiré d'un court-métrage de 2004 du même réalisateur intitulé The Ten Steps, est un peu dans la même veine que The room de Christian Volckman ou The Hole de Joe Dante, tournant autour du cadre confiné d'une demeure qui recèle en son sein des passages vers d'autres réalités, dont l'existence s'impose à des occupants au départ insouciants, mais qui progressivement découvrent leurs effets néfastes. L'ambiance se colore là d'une touche nettement lovecraftienne, avec la présence suggérée seulement par petites touches d'une entité malfaisante ancienne, mise en contact avec le lieu par les expériences d'un physicien mêlant magie ancienne et théories physiques avancées, et qui semble soit avoir joué à l'apprenti sorcier, soit avoir eu des buts peu avouables. L'approche est celle d'un fantastique classique, avec de nouveaux propriétaires attirés là par des prix attractifs, mais à qui les réalités paranormales du lieu se dévoilent donc peu à peu. Si le récit n'a rien de vraiment original, et bien qu'il manque une petite touche de génie dans la réalisation pour envoyer ce long-métrage dans un autre niveau, l'angoisse est assez savamment distillée pour étendre cette ambiance lovecraftienne que le film a choisi, la menace restant ainsi jusqu'à la fin un peu "en dessous de la surface", sans offrir d'explosion finale, ce qui laissera sur leur faim trop de spectateurs récents avides de sensations fortes un peu formatées.
Pour les amateurs d'horreur plus feutrée, à côté de plusieurs interprètes spécialisés dans le domaine on appréciera de revoir Elisha Cuthbert, dans une version plus enveloppée qu'à l'époque Jack Bauer et finalement plus agréable, montrant que les actrices hollywoodiennes ont tout à gagner à échapper à la mode anorexique qui sévit dans ce milieu (et à rebours de nombre de ses consœurs aux belles courbes au début de la vingtaine qui glissent dans cette anorexie ensuite).
14/20
