Le Centre de Visionnage : Films et débats

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cyborg
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Teza - Haile Gerima - 2009

Construit sur le motif rebattu du retour d'un individu au pays/ville/village natal (barrez les propositions inutiles), Teza parvient à donner à son sujet une dimension nouvelle, celle de la colonisation, celle du tiers-mondisme, celle de la Guerre Froide. Anberber, parti étudier et vivre depuis 20 ans en Allemagne de l'Est revient dans son village éthiopien. Tandis que se multiplient les retrouvailles et les souvenirs, rode une violente guerre civile, comme un lointain écho à la guerre contre l'occupation italienne à la fin des années 30. Composé d'une série de flash-back, nous apprenons peu à peu le parcours du héros, ses études de médecine, son engagement politique et son choix de revenir travailler dans son pays. Entre son désir de retour et son évolution personnelle, le tiraillement est grand, au point où peut-être seul son fantôme habite le film... L'ambition du film est immense -celle de parler de l'Histoire du monde vu depuis le Sud- et surprend par la clarté de sa narration. Bien que complexe, les enjeux et le scénario restent toujours lisibles, rendant sibyllin le désespoir du personnage principal. Le "Prix du Scénario" à Venise en 2008 est ainsi pleinement mérité. Le film surprend peut-être moins (pour ne pas dire qu'il pèche) par sa mise en scène. Même si le film fini par s'apaiser et explorer d'autres formes, il reste largement dominé par un montage rapide et resserré, avant tout symptôme d'un certain cinéma américain global. Pour un film abordant la (dé)colonisation c'est pour le moins surprenant. Nous sommes ainsi à des années-lumières du premier film du réalisateur, le magnifique ovni "La récolte de 3000 ans", signé près de 40 ans plus tôt. 40 ans ou le réalisateur aura lui-même vécu aux Etats-Unis...Pas de hasard.



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Film de montage, "Souvent l'hiver se mutine" se penche sur les archives cinématographiques du Poitou. Dans un renversement inattendu, et peut-être plus intéressant, c'est "Souvent l'hiver se mutine" qui donne une existence à ces archives. La post-projection du film, en présence du réalisateur, se composera d'une longue présentation de sa folle quête, de mairies en greniers, coup de fil après coup de fil. C'est donc bien par la volonté d'un individu qu'une prise de conscience aura pu avoir lieu sur l'intérêt patrimonial que représentent ces documents, jusqu'à présent peu considérés et aux bords de l'effacement. C'est donc ici l’œuvre qui crée son matériel et non le matériel qui crée l’œuvre.

Mais qu'en fait-il, Benoit Perraud, de ce matériel ? Alors que l'on nous parle des images, ce sont avant tout les sons qui l'intéressent - second retournement. "Souvent l'hiver" est en effet en premier lieu un film sur les chansons du Poitou, sur les champs populaires circulant d'esprits en esprits, de générations en générations et ce jusqu'à leurs quasi-disparition à l'orée des années 70. Le réalisateur est d'ailleurs lui-même ingénieur du son, son qu'il n'hésitera pas à recomposer plus ou moins adroitement quand ils viendront à manquer dans sa base d'archive (grincement, bruit de pas ou d'outil, etc). Le film vaut donc peut-être avant tout par sa bande sonore durant laquelle nous écoutons, non parfois sans sourire ou sans frémir, des chants particulièrement cinglants sur les conditions de vies des un.es et des autres, sur les rôles sociaux et les jeux de domination. "Ce que l'on ne peut dire il faut le chanter" nous disait une citation en ouverture du film. Serait-ce donc un film à regarder les yeux fermés ? Certes non, de nombreuses images étant singulièrement belles, mais force est de constater que leur montage reste sage et consciencieux, regroupant par thématique les divers visuels (l'école, la vie de famille, le travail ouvrier etc etc...), sans ambition excessive.

Ce qui manque peut-être plus au film, n'est pas tant la valorisation de ces images que la prise en considération de leurs régimes : s'agit-il "d'authentiques" documents d'époques, enregistrés par la petite bourgeoisie d'alors ; ou s'agit-il de documents tardifs, motivés par l'envie de "sauver ce qui va bientôt disparaitre". De l'un à l'autre ce qui nous est donné à voir est évidemment différent : par ses représentations, par ses choix, par ses jeux de mise en scène. Ces deux types d'images sont pourtant mis sur un pied d'égalité total par le réalisateur, qui semble les utiliser de façon indifférenciée. Son choix d'inclure des "chants traditionnels repris par un groupe contemporain" laisse à penser que, bien que la question ne semble guère le préoccuper, il penche lui-même vers le côté d'une douce folklorisation des mémoires. La promesse d'un des plans d'ouverture, assurément le plus beau du film (du moins par sa cocasserie : le caméraman filme le preneur de son courant après un vieil agriculteur, chantant juché sur sa charrue à bœuf) ne sera ainsi malheureusement jamais approfondie. Peut-être ce type d'interrogation pourront donner lieu à d'autres films, par d'autres auteurs plus enclins à interroger la nature de nos mémoires. Des projets qui ne pourraient évidemment émerger sans l'imposant débroussaillage permis par le film de Perraud, transformant de la sorte son travail en jalon essentiel de la connaissance du patrimoine français.


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Le courage du peuple - Jorge Sanjinés - 1971

Le sang du condor, paru en 1967, empruntait le style du néo-réalisme italien pour aborder frontalement une lutte de décolonisation (la stérilisation forcée de femmes Queshua par des ONG américaines). Le film a valu à son réalisateur une visibilité mondiale mais aurait, semble-t-il, perdu une part de son public local ne se reconnaissant pas dans un mode de narration alambiqué (flash-back etc) et faisant ainsi perdre au projet son efficacité militante immédiate. Pour remédier à ce travers, Sanjinés change de manière de travailler, et réalise un film hybride réunissant deux éléments que l'on aurait cru antinomiques. S'intéressant aux tueries des indigènes par le gouvernement bolivien, l'auteur réalise un gigantesque reenactement d'un mouvement de revendications sociales d'une communauté de mineurs - suivi par son massacre par les autorités. Tout ceci en faisant jouer les protagonistes par les populations directement affectées par le drame. Moi qui m'intéresse énormément à la question du "reenactement", je suis sidéré de découvrir ce film, qui propose dès le début des années 70 un tel procédé. Serait-il le premier du genre ? Cette question mise à part, il est très intéressant de constater que bon nombres de scènes d'actions (invasion de la mine, tuerie, etc) flirte avec le style du film d'action ou de guerre à l'américaine. En version cheap, assurément, mais l’aveu semble parler de lui même : si le public local était perturbé par le style du cinéma d'auteur européen, sans doute ne l'est-il pas par l'esthétique (globale, pour ne pas dire impérialiste) du cinéma américain. De la sorte, Le Courage du Peuple est une curiosité totale, captivant par sa radicalité, parfois par ses approximations, mais aussi par la beauté de certains de ses plans (les vues de montagne, ou s'échappent quelques hommes, étant particulièrement réussis).




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Ma curiosité de découvrir ce film Zambien récent dont le nom revenait régulièrement dans des listes sur internet, m'avait caché le fait qu'il était produit par A24... Et, malheureusement, sans surprise, c'est absolument "A24" qui l'emporte sur tout ce qu'est ou aurait pu être ce film. Une jeune femme, Shula, découvre au bord de la route le cadavre de son oncle. Le reste du film se composera de l'enterrement de ses préparatifs, de ses enjeux familiaux et culturel, visant à souligner le "déracinement" ou "l’acculturation" de l'héroïne, de passage dans son pays natal. L'"elevated horror" est ici délayé dans une sauce faussement ethnographique, dont l'étrangeté générale repose sur de maigres éléments répétitifs. L'ambition est là, la motivation et la précision aussi (les plans sont, dans l'ensemble, très soignés) mais il manque un soupçon de profondeur pour que le tout dépasse la somme de ses parties. Dommage, mais réalisatrice néanmoins à suivre.
Modifié en dernier par cyborg le ven. 5 juin 2026 10:32, modifié 1 fois.
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groil_groil
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sokol a écrit : mar. 2 juin 2026 04:40
groil_groil a écrit : lun. 1 juin 2026 14:01
Je te sais très remonté contre ce cinéaste, sans que je ne comprenne pourquoi, parce que franchement, je revois tout ses films, et dans chacun il y a une attaque pour ou moins directe contre le gouvernement de Poutine.
Bref, passons.
1. Au fond, je n’ai rien contre lui, mais contre les deux derniers films de Tarkovski (Nostalghia et Le Sacrifice). Ne serait-ce que les titres… (la nostalgie, le sacrifice, le bannissement… : c’est la même chose, n’est-ce pas ?)

Les cinq premiers films de Tarkovski, c’est vraiment autre chose. Il y avait de magnifiques portraits d’hommes (Rublev, Stalker, le poète du Miroir, le petit Ivan). Bien sûr, ces films sont imprégnés de l’âme russe, mais ce n’est pas leur sujet principal. Ils sont tellement universels qu’ils dépassent la Russie.

Puis arrivent ses deux derniers films, réalisés en Europe. Je les ai revus tous les deux très récemment ; j’avais d’ailleurs déjà touché un mot sur “Nostalghia” ici : viewtopic.php?p=138144#p138144
À mes yeux, ils ne parlent plus que de guerre culturelle (à croire que Tarkovski anticipait déjà la théorie de Huntington, ce qui est à vomir ! 🤮)

Zviaguintsev ne fait finalement que prolonger les deux derniers films de son maître. Mais Mungiu fait un peu la même chose hein, dès qu’il s’éloigne des sujets socio-économiques. Par exemple, dans “4 mois, 3 semaines, 2 jours” on ne sait quasiment rien de l’héroïne : elle veut avorter, l’avortement est interdit dans la Roumanie de Ceaușescu, et c’est tout. C’est du “Rosetta” vidé de… Rosetta ! Je veux bien croire qu’il ait voulu faire, peut être, du Bresson, mais Bresson ne vidait pas ses héroïnes de tout contenu social, économique et même politique ! L’héroïne de “4 mois… “ est montrée comme une pauvre conne (et je pèse mes mots) qui veut se débarrasser de ce fœtus, et rien de plus. Après, vas-y que je te montre en gros plan le fœtus pendant quarante secondes !

Et quand Mungiu réalise “RMN” bien sûr que cela donne tout autre chose ! Donc oui, ces cinéastes ont du talent, mais ils ne l’utilisent pas toujours intelligemment. En réalité, c’est surtout qu’ils ne l’utilisent pas politiquement comme il le faudrait ( mais cela est un autre débat).

Pareil avec “Elena” : c’est un très bon film parce que le cinéaste s’intéresse réellement à son héroïne et ne se contente pas d’une démonstration sur la guerre culturelle qui serait, soi-disant, le thème principal de nos sociétés, y compris dans les anciens pays de l’Est. Or c’est précisément ce que Zviaguintsev fait dans presque tous ses autres films (nous verrons ce qu’il en est du dernier).

2. Zviaguintsev attaque-t-il directement le gouvernement de Poutine au moins une fois dans chacun de ses films ?

Non seulement cela est le cadet des soucis de ce dernier mais cela l’arrange peut-être, puisque l’idéologie grand-russe dépasse de loin toute gouvernance particulière. Poutine entretient une correspondance avec Sokourov: c’est ce dernier qui nous l’apprend lui-même. Mais Sokourov a au moins l’honnêteté de le rendre public (personne ne l’y obligeait) et reconnaît lui-même se sentir humilié et offensé.
https://www.lalibre.be/international/eu ... ZSFB62Q3M/

L’exemple de Sokourov montre très bien que Poutine est parfaitement conscient que, dans un système économique libéral, les divergences de gouvernance ne sont, au fond, que des détails. Il a dû être l’homme le plus heureux du monde (encore faudrait-il qu’il en ait été informé) lorsqu’un cinéaste russe est monté sur la scène de Cannes pour l’appeler à l’arrêt de la guerre. (Je ne rentre pas ici dans les détails du type : « Si vous avez le temps M le Président de m’écouter quelques minutes, car vous avez d’autres décisions à prendre»)

Nous devons arrêter de regarder la Russie actuelle avec les lunettes de la guerre froide (Poutine serait un nouveau Staline sanguinaire, etc.). Ce n’est pas du tout ainsi que les choses se présentent. Poutine est soutenu par au moins (au moins !) une bonne moitié de la population russe. Zviaguintsev y a sans doute participé, consciemment ou non.

Une fois de plus, il suffit de regarder les dernières minutes du “Bannissement” : Alex a failli spirituellement, mais la Russie demeure grande, éternelle, sans commencement ni fin. Le film ne se termine pas sur Alex, mais sur la Russie qui lui survit.

P.-S. : De bons connaisseurs de la Russie contemporaine soulignent que le poutinisme ne représenterait peut-être pas la tendance la plus extrême parmi les courants de pensée russes, mais plutôt une ligne relativement modérée. C’est dire
Ce que tu écris est très intéressant, merci, et je ne connais pas la Russie comme tu la connais.
Mais juste :
- en revoyant tout je trouve que Zvia critique Poutine et son gouvernement dans chacun de ses films.
- ce n'est pas non plus le sujet principal de son cinéma en effet, mais il en a le droit, on ne fait pas du cinéma uniquement pour combattre un régime, enfin ça peut arriver pour certains cinéastes, mais on ne va condamner un cinéaste qui a d'autres ambitions (je ne dis pas que le faire n'est pas ambitieux, hein, au contraire).
- Oui il n'insulte pas Poutine directement à Cannes ou dans ses films, mais il n'a pas envie de finir au Goulag ou avec une balle dans la tête (plus prosaïquement, il souhaite pouvoir continuer à faire des films). Tu peux interpréter ça comme un manque de courage, mais je vois ça comme de l'intelligence.
I like your hair.
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Tyra
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J'ai l'impression que le film est reçu de façon assez unanime, dans le sens où personne ne déteste le film, et personne de l'adore. Je suis tout à fait dans ces eaux là aussi. Le film a le mérite, sur un sujet proche de Valeurs sentimentales (que je n'avais pas aimé) d'être au moins très concret, pratique, dans sa manière de raconter cette tentative de réconciliation entre un père et sa fille, comment cette position d'autorité de metteur en scène, une sorte de rôle de père redoublé, entretiendra le gouffre qui sépare le père et sa fille. Alors dans le film norvégien, le tournage en lui même n'apparaitra qu'à la fin et ne sera que théorique, ici le tournage occupe la totalité du film après le premier quart d'heure, et le film n'est jamais meilleur que lorsqu'il est très précis sur ce tournage, comment les conflits se créent et se résolvent, les problèmes de logistique, les problèmes relationnels, etc. Toute l'entreprise humaine que constitue le tournage d'un film me semble très bien restituée. La grande force du film est aussi Javier Bardem, l'acteur (excellent), comme le personnage, son opacité, et sa sympathie aussi, malgré ses fautes évidentes, il reste toujours, au fond, aimable, touchant. La fille, à coté, me semble plus réduite à son rôle d'antagoniste, me semble moins exister en dehors de sa relation avec son père. C'est donc, je disais, dans le concret, dans la durée, que le film est bon, comme lors de la fameuse scène du tournage du déjeuner, interminable montée en tension et point culminant du film, qui pourtant ne tourne jamais à la démonstration de mise en scène, ou au malaise complaisant à la Östlund (j'ai pensé à la dernière scène d'A nos amours de Pialat, encore ce père tout puissant).
Malheureusement le film reste inégal car à coté de ça, Sorogoyen se sent obligé d'ajouter toutes sortes d'affèteries inutiles, changement de cadres, noir et blanc, intermèdes musicaux visant à tirer les larmes (lorsque Bardem écoute la musique sirupeuse que vient de lui envoyer son compositeur tout en regardant sa fille, au loin, grrr).
Je me permets de penser aussi, mais c'est personnel, qu'une fin non réconciliatrice aurait rendu le film plus fort, plus désespéré.
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robinne
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Tyra a écrit : ven. 5 juin 2026 11:39 Image
J'ai l'impression que le film est reçu de façon assez unanime, dans le sens où personne ne déteste le film, et personne de l'adore. Je suis tout à fait dans ces eaux là aussi. Le film a le mérite, sur un sujet proche de Valeurs sentimentales (que je n'avais pas aimé) d'être au moins très concret, pratique, dans sa manière de raconter cette tentative de réconciliation entre un père et sa fille, comment cette position d'autorité de metteur en scène, une sorte de rôle de père redoublé, entretiendra le gouffre qui sépare le père et sa fille. Alors dans le film norvégien, le tournage en lui même n'apparaitra qu'à la fin et ne sera que théorique, ici le tournage occupe la totalité du film après le premier quart d'heure, et le film n'est jamais meilleur que lorsqu'il est très précis sur ce tournage, comment les conflits se créent et se résolvent, les problèmes de logistique, les problèmes relationnels, etc. Toute l'entreprise humaine que constitue le tournage d'un film me semble très bien restituée. La grande force du film est aussi Javier Bardem, l'acteur (excellent), comme le personnage, son opacité, et sa sympathie aussi, malgré ses fautes évidentes, il reste toujours, au fond, aimable, touchant. La fille, à coté, me semble plus réduite à son rôle d'antagoniste, me semble moins exister en dehors de sa relation avec son père. C'est donc, je disais, dans le concret, dans la durée, que le film est bon, comme lors de la fameuse scène du tournage du déjeuner, interminable montée en tension et point culminant du film, qui pourtant ne tourne jamais à la démonstration de mise en scène, ou au malaise complaisant à la Östlund (j'ai pensé à la dernière scène d'A nos amours de Pialat, encore ce père tout puissant).
Malheureusement le film reste inégal car à coté de ça, Sorogoyen se sent obligé d'ajouter toutes sortes d'affèteries inutiles, changement de cadres, noir et blanc, intermèdes musicaux visant à tirer les larmes (lorsque Bardem écoute la musique sirupeuse que vient de lui envoyer son compositeur tout en regardant sa fille, au loin, grrr).
Je me permets de penser aussi, mais c'est personnel, qu'une fin non réconciliatrice aurait rendu le film plus fort, plus désespéré.
Je partage ton avis, et je suis preneur d'une explication sur ce que tu appelles "affèteries inutiles" (je n'aurais pas trouvé mieux) sur l'image : "changement de cadres, noir et blanc"
Si quelqu'un a compris à quoi ça servait, je suis preneur. Sur moi, l'effet a été que je sortais du film pour essayer de comprendre à quoi ça servait :lol:
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Tyra
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robinne a écrit : ven. 5 juin 2026 11:56
Je partage ton avis, et je suis preneur d'une explication sur ce que tu appelles "affèteries inutiles" (je n'aurais pas trouvé mieux) sur l'image : "changement de cadres, noir et blanc"
Si quelqu'un a compris à quoi ça servait, je suis preneur. Sur moi, l'effet a été que je sortais du film pour essayer de comprendre à quoi ça servait :lol:
Je n'ai pas compris non plus. Et je n'ai lu aucune critique tenter une explication.
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Tyra
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Ah oui, ce que j'aime aussi dans le Sorogoyen, c'est qu'il nous lâche la grappe avec "le film dans le film", dans le sens où, non seulement il ne tente pas de lier la fiction tournée dans le film au récit principal, à perdre le spectateur dans une mise en abyme prétentieuse (à la Triet dans Sybile par exemple), mais en plus il ne nous montre rien de ce film tourné, on aperçoit les plans tournés sur les moniteurs, mais sans que le plan tourné ne prenne tout le cadre, il reste toujours un cadre dans le cadre (si je me souviens bien).
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yhi
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C'est parce que Sorogoyen est un cinéaste à effets de manche (plans séquences, scènes intenses). Et quand il filme trop de scènes "normales" il doit se sentir plat et tenter d'ajouter de l'inutile.
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Tyra
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Juste un grand ennui. J'avais une séance à caler dans mon emploi du temps. J'ai senti assez vite que je n'étais pas le public cible : non seulement je ne suis pas nostalgique de l'époque racontée, ne l'ayant pas connue, mais de plus je ne suis pas nostalgique de nature. Et si les parents du film finissent par être intéressants et touchants, les enfants et leurs intrigues de touche-pipi prennent beaucoup trop de place et me sortent constamment du film.
Et sinon, pourquoi ne pas faire jouer des personnages "juifs arabes" par de vrais juifs arabes ?
Modifié en dernier par Tyra le ven. 5 juin 2026 12:25, modifié 2 fois.
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Tyra
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yhi a écrit : ven. 5 juin 2026 12:15 C'est parce que Sorogoyen est un cinéaste à effets de manche (plans séquences, scènes intenses). Et quand il filme trop de scènes "normales" il doit se sentir plat et tenter d'ajouter de l'inutile.
C'est tout à fait possible (je le connais peu), et c'est dommage. De grands cinéastes ont déjà dit, il me semble, que parfois un film c'est trois grandes scènes, avec des scènes banales entre elles pour faire les joints. Il faut accepter qu'un film ça puisse être ça aussi.
Kahled
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Tyra a écrit : ven. 5 juin 2026 12:19 Image
Et sinon, pourquoi ne pas faire jouer des personnages "juifs arabes" par de vrais juifs arabes ?
Bégaudeau a abordé ce point très précis dans son épisode avec Microciné consacré au film. :D

Mais il ne pointait pas tant l’absence des Juifs que l’absence des Arabes…

Sa théorie (qui tient la route) : Nakache et Toledano sous couvert de faire un film consensuel font en réalité consciemment un cinéma raciste et excluant (il prolonge les griefs qu’il a déjà faits dans une précédente émission consacrée aux deux lascars…).
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